« Glencore et la province Nord ont leur responsabilité à prendre »

Interrogé par le député Metzdorf, le ministre de l’Économie et des Finances a fait le point sur les discussions qui se tiennent actuellement à Paris pour sauver l’usine du Nord. Il a confirmé que l’État avait fait des propositions financières importantes, mais laissé entendre clairement que Glencore et la province Nord devaient à leur tour prendre des engagements forts.

« Nous croyons tous avec le président de la République, avec le Premier ministre, avec cette majorité, à l’avenir de la filière nickel en Nouvelle-Calédonie », a déclaré d’emblée Bruno Le Maire. Mais a-t-il ajouté, il y a pour cela trois conditions. « La première, a-t-il dit, c’est que l’ensemble des élus s’engage dans le pacte nickel avec un accord qui permettra de mieux exploiter la ressource minière de la Nouvelle-Calédonie et d’en exporter une partie pour avoir de la trésorerie supplémentaire pour rendre nos usines plus compétitives. C’est la première condition et j’appelle tous les élus à signer ce projet d’accord sur lequel nous travaillons maintenant depuis plusieurs semaines pour mieux exploiter les ressources minières de la Nouvelle-Calédonie. La 2ème condition est qu’il y ait un soutien de l’État pour moderniser le réseau électrique de la Nouvelle-Calédonie et avoir un prix de l’énergie qui soit moins élevé. Le président de la République a pris des engagements, j’ai pris des engagements à l’occasion de ma venue en Nouvelle-Calédonie, nous sommes prêts à investir dans le réseau énergétique de la Nouvelle-Calédonie ».

L’État n’ira pas plus loin avec l’argent des contribuables

Bruno Le Maire a ensuite insisté sur la 3ème condition, celle qui réclame de la province Nord et de l’actionnaire de KNS qu’ils s’engagent, ce qui ne semble pas être le cas pour le moment, si l’on en croit les propos du ministre. « Mais la 3ème condition, elle est claire, a ainsi précisé Bruno Le Maire. Il faut qu’il y ait des industriels. Une usine ne peut pas fonctionner sans industriel. Et l’État ne se substituera pas aux industriels. J’ai fait des propositions à Glencore pour l’usine du Nord. Nous avons proposé 60 millions d’euros de subvention sur le prix de l’énergie, nous avons proposé 45 millions de ressource supplémentaire, nous avons proposé un prêt de 100 millions d’euros. 200 millions d’euros pour la seule usine du Nord pour garantir sa pérennité sous forme de soutien public. Alors maintenant c’est aux actionnaires de prendre leurs responsabilités. Nous n’irons pas plus loin et nous n’allons pas subventionner à perte. Glencore et la province Nord ont leur responsabilité à prendre. L’État a pris les siennes, il n’ira pas plus loin car c’est l’argent du contribuable ». On comprend que les discussions de Paris n’ont donc pas abouti à un accord, et n’aboutiront pas si Glencore et la province Nord ne participent pas non plus à l’effort nécessaire à consentir pour éviter la mise en sommeil ou la fermeture de l’usine du Nord.

Le député Metzdorf a commenté cette séance dans un communiqué. « Tandis que les perspectives paraissent encourageantes pour les usines du Sud, même si d’importants efforts restent à fournir, dit-il, le sauvetage de l’usine du Nord demeure plus qu’incertain. Le président de la province Nord est le principal responsable de cette situation et de la mise en sommeil potentielle de KNS ». Rappelant que l’État est prêt à injecter 24 milliards de francs pour sauver KNS, Nicolas Metzdorf souligne : « l’État redouble d’efforts, la balle est désormais dans le camp de Glencore et de la province Nord avec son président ».

Ajoutons qu’il sera à nouveau question du dossier du nickel calédonien, mais cette fois au Sénat, où la nuit dernière pour nous, le sénateur George Naturel a interpellé le gouvernement sur le sujet.

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