Le sort de la Sonarep dépend-il du bon vouloir de la SLN ?

Résumer cette grave affaire en ces termes serait une sorte d’amnésie caractérisée. Et d’abord, comment occulter les déboires incessants de la Société le Nickel dont beaucoup tendent à oublier, par exemple, les actes criminels dont elle a été victime à Kouaoua, avec des barrages, un nombre incalculable d’incendies à son tapis roulant, aux dommages causés à ses installations, et les refus opposés à ses demandes d’ouverture de nouveaux gisements.

Dans l’affaire de la Sonarep, il y a d’abord la Sonarep. Si le tribunal de commerce s’est résolu à prononcer la liquidation de la société, c’est en considération de sa dette cumulée d’1,8 milliard. Une somme tout de même importante… La question posée d’ailleurs dans un article de NC1ère le 14 juillet était : « comment en est-on arrivé là » ? Pas de réponse, pour l’instant.

L’autre question est évidemment de savoir, si après avoir conduit à ce résultat, la gestion serait en capacité de redresser les comptes, et par quels moyens, alors que l’entreprise était déjà en redressement.

Clouer la SLN au pilori ne résoudra pas plus les difficultés présentes. La « vieille dame » ne fait l’objet d’aucune bienveillance de la province Nord, et cela ne date pas d’hier. Torts partagés ? Pourquoi pas, dans l’ignorance des arcanes de possibles différends existants entre la collectivité et la société. Mais en l’espèce, l’exploitation de Poum, sans extensions à de nouvelles activités, est arrivée au bout du bout. Imaginer des alliances pour la punir davantage ne fera qu’aggraver le contexte nickel calamiteux de la Nouvelle-Calédonie.

La SLN est au bord de la faillite. L’usine du Nord est en situation périlleuse. L’usine du Sud traîne, elle aussi, une dette importante. L’expertise très fine et complète livrée par l’inspection générale des finances met en exergue le peu d’avenir de la métallurgie calédonienne en l’absence de réformes, et notamment, d’un « alignement » d’intérêt de « toutes les parties prenantes ». Et encore. Le scepticisme peut même s’appliquer sur les réelles perspectives à moyen et long terme.

Dans de telles conditions, l’issue éventuelle pour la Sonarep ne peut relever d’un seul acteur. Mais là aussi, la nécessaire « stratégie commune » pour l’avenir de la filière devra probablement être imposée par l’État. La Calédonie, dont une partie réclame l’indépendance, n’est pas encore capable de se prendre par la main pour gérer son autonomie.

ML

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