Les cambrioleurs repartent avec… un shampoing et une crème

Maigre butin mais lourde peine pour deux jeunes multirécidivistes qui ont cambriolé une résidence secondaire à La Tamoa il y a 10 jours. Le tribunal les a envoyés au Camp-Est.

Ce cambriolage pourrait prêter à sourire. Mais c’est sans oublier les conséquences financières et psychologiques pour les victimes. Il y a une dizaine de jours, deux jeunes gens, archi-connus de la justice, s’en sont pris encore aux biens des autres en cambriolant une résidence secondaire à La Tamoa (Païta). Sans grande difficulté, le plus âgé des deux, 25 ans, réussit à briser un volet et à entrer dans l’habitation qu’il savait inoccupée à ce moment-là. Quant à son compère, 19 ans, il fait le guet, prêt à l’avertir dès la moindre arrivée suspecte. La maison est fouillée de fond en comble, et c’est… un échec. « Vous avez fait chou blanc car c’est une résidence secondaire et il n’y avait rien à voler. Vous êtes reparti avec… un shampoing et une crème de soin », décrit la présidente Lise Prenel.

« La toute-puissance »

Un maigre butin qui les pousse non pas à s’arrêter pour la journée mais à continuer. « Vous vouliez voler du cannabis planté dans le jardin d’une autre propriété mais vous avez été mis en fuite par le propriétaire », explique encore la présidente. Quelques minutes plus tard, les deux jeunes sont arrêtés par les gendarmes. Sur l’un d’eux, des gants et une lampe torche, « le kit parfait du voleur, n’est-ce pas ? », questionne, ironiquement, Lise Prenel. « Je n’ai pas envie de vous répondre », dit le plus jeune des deux. Son profil intéresse tout particulièrement la juridiction. Car, 5 jours avant de commettre ce cambriolage, il avait été déféré… en comparution immédiate pour des vols. « Vous aviez demandé le renvoi pour préparer votre défense en jurant que vous ne recommenceriez plus. Votre procès avait été renvoyé et nous avions ordonné un mandat de dépôt », se souvient la présidente. Sauf que pour une raison qui échappe aux magistrats, « vous avez été remis en liberté du Camp-Est dès le lendemain ». La suite, on la connaît.

« Ce sont des jeunes dans la toute puissance. Ils ont décidé de ne pas respecter la loi pénale, ils ne tiennent pas compte des avertissements de la justice. Désormais, le moment est venu de purger leur peine », affirme le procureur Nicolas Kerfridin, rappelant que les deux prévenus encourent 14 ans de prison (avec la récidive). « Ce sont des faits stupides, surtout au regard des enjeux qui pèsent sur eux. On peut encore leur faire confiance », plaide leur avocate, Me Anne-Lise Lebreton. Après en avoir délibéré, le tribunal a condamné les deux cambrioleurs à 12 mois de prison ferme. Et un aller direct vers le Camp-Est.

Jean-Alexis GALLIEN-LAMARCHE

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