“Des agissements totalement intolérables”

Le procureur de la République, Yves Dupas, au micro de RRB, a fait le point en tout début d’après-midi, ce dimanche, sur la situation en cours en Nouvelle-Calédonie.

Il est d’abord revenu sur le décès d’un homme de 48 ans survenu vendredi après-midi à Dumbéa, mortellement touché par le tir d’un policier qui n’était pas en service. “L’enquête est en cours, cette mesure de garde à vue du policier a été prolongée hier soir : je confirme que ce policier et son collègue se sont rendus au centre hospitalier pour un motif privé, personnel, et qu’ils n’étaient pas en service (…) Ils ont évolué dans un contexte de forte hostilité à leur égard. J’en dirai davantage au cours de l’après-midi à l’occasion d’un communiqué de presse sur cette procédure.”

Sept morts

“Je tiens à rappeler que nous avons sept décès depuis le début des émeutes. Le décès de deux gendarmes : l’un suite à un assassinat à La Coulée et une enquête est bien évidemment menée activement par rapport à ces faits ; le second gendarme qui a perdu la vie, c’est suite à un accident de service, lors de l’usage d’une arme, au Mont-Dore, et le parquet de Paris, pour la section des infractions militaires, a été saisi. S’agissant des personnes civiles, cinq personnes civiles ont perdu la vie, dont la cinquième vendredi.”

Le procureur a tenu “à préciser et être très clair, c’est qu’aucun décès de ces personnes civiles n’est lié à l’usage des armes par les forces de l’ordre au cours des opérations de maintien de l’ordre”, a-t-il ajouté, toujours sur RRB. “Les forces de l’ordre font preuve d’une très grande maîtrise, d’un grand professionnalisme, dans les opérations difficiles” qui sont menées, avec en face “une hostilité, une résistance toute particulière”.

33 incarcérations

“La justice est particulièrement mobilisée depuis le début des émeutes.” En treize jours, il y a eu “349 mesures de garde à vue”, dont “44 mineurs”. “La grande majorité des mis en cause”, qui “tiennent certains barrages”, qui “portent atteinte aux forces de l’ordre”, qui “peuvent détenir des objets incendiaires”, et qui “se livrent à des vols et des recels de vols”, ce sont des “auteurs se situant entre 18 et une petite quarantaine d’années”.

Bilan au bout de treize jours de crise sécuritaire : 55 déferrements et 33 incarcérations. “S’y ajoutent l’incarcérations de deux personnes suite à la mise à exécution de jugements prononcés antérieurement.” Dans cette période difficile, “la justice est très mobilisée. D’ailleurs, l’action de la justice contribue pleinement au rétablissement de l’ordre public républicain. C’est très important, c’est notre mission.”

“Deux profils” parmi les interpellés

Quelles consignes ont donné les commanditaires ? “C’est tout le travail d’investigation que nous menons, par rapport aux mobiles” des faits commis, poursuit Yves Dupas. “Sur les atteintes aux biens, ce qui est très clair c’est que nous avons deux profils : le profil du voleur dans une action de pillage” et le profil de “celui qui vole en opportunité”. Il y a “un traitement judiciaire qui est emprunt de fermeté” et de rapidité pour le premier type, et des mesures plus souples pour le second type, “avec des réponses pénales plus allégées” ayant “surtout un caractère pédagogique”, comme par exemple “un travail non rémunéré d’une quarantaine d’heures” qui est souvent requis par le parquet. “Certains ont fait des razzias sur certains commerces de manière inquiétante”, s’alarme-t-il.

Revenant sur la première catégorie, le procureur, interrogé par notre confrère Gilles Ménage, évoque le discours tenu par certaines personnes interpellées : “pour les violences sur les forces de l’ordre, c’est un discours qui consiste à dire ‘un certain nombre de personnes effectivement nous ont appelés pour participer à ce mouvement pour notre pays’. On a ce type de réponses, plus ou moins clairement exprimé.”

“Des exactions d’une gravité extrême”

Comment définir ce chaos ? “C’est un mouvement insurrectionnel qui est animé par une radicalisation violente, sur fond identitaire, et qui a effectivement planifié, ciblé, des objectifs, et très clairement dans un but de déstabilisation (…) déjà de la capitale de la Nouvelle-Calédonie, Nouméa, qui a été très largement visée (…) et puis des services, et notamment les services de l’Etat, par ces attaques répétées vis-à-vis de casernes de gendarmerie” ou encore “de certaines mairies”. Les “gendarmes en situation plus éloignée” ont eux aussi été mis sous pression.

“Ce sont des exactions d’une gravité extrême”, poursuit le procureur, invité du journal de Radio Rythme Bleu. “Au-delà des barrages, des violences, des caillassages, je pense notamment à ces tireurs, qui sont équipés d’armes longues, sur un profil de snipers, qui sont prêts effectivement à tirer sur nos gendarmes, sur nos policiers” et “qui ont tenté de le faire”. Ce sont des “faits totalement intolérables” pour lesquels “la peine maximale de la réclusion à perpétuité est encourue”, rappelle-t-il.

“L’autre phénomène” ou “comportement très inquiétant, c’est cette façon d’incendier des maisons pour en chasser les occupants” : cela eu lieu à plusieurs endroits de Nouméa, notamment la Vallée-du-Tir et Kaméré.

Voilà “des agissements totalement intolérables” et “particulièrement accablants”, avec pour conséquence de développer “une angoisse et ce sentiment qu’une terreur est bien déployée pour chasser les personnes”.

“Un travail d’ampleur”

Il se dit que certains jeunes émeutiers auraient, en plus de l’alcool et du cannabis, consommé d’autres produits. La justice en a-t-elle connaissance et la preuve ? “Nous travaillons nos investigations aussi à la lumière de certaines informations qui nous sont remontées au parquet, notamment sur les barrages la présence de jeunes alcoolisés qui auraient pu consommer d’autres produits notamment d’origine médicamenteuse ou autre, et donc bien évidemment le parquet s’attelle à explorer ces éventuelles informations notamment à l’occasion d’expertises toxicologiques”, répond le procureur.

Et maintenant, quid de celles et ceux qui ont tiré les ficelles ? “Les Calédoniens savent qu’une enquête est en cours visant la recherche des niveaux supérieurs de responsabilité pénale, à savoir les commanditaires. Nous sommes au travail de manière très active aussi sur ce champ-là. Je ne peux pas vous en dire davantage à ce stade.”

Au niveau de la justice, des renforts sont arrivés, d’autres “sont attendus, c’est important”. C’est “un travail d’ampleur”, fait de “façon massive”, avec des audiences de comparution immédiate “tous les jours”.

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