Nettoyage du barrage de Nouville… Pour combien de temps ?

Escortés par les forces de l’ordre, plusieurs travailleurs étaient présents aujourd’hui au niveau du barrage de Nouville pour dégager la route avec l’aide de tracteurs et de camions. Une opération jugée “inutile” par les émeutiers et les habitants.

À Nouville, avec l’aide d’entreprises privées, les forces de l’ordre se sont lancées ce vendredi dans un grand nettoyage du barrage qui empêchait jusqu’;à présent les voitures d’accéder à la clinique ou à l’université. Vers 11 heures, la gendarmerie nationale a sommé les émeutiers de quitter les lieux. Des tirs ont été échangés, sans que l’on sache leur nature, mais les insurgés ont rapidement battu en retraite, permettant à plusieurs camions et tracteurs de venir nettoyer la route. “Quand ils sont venus nous on avait pas de quoi tenir longtemps. Comme on a pas d’armes on avait rien d’autre à faire que de s’en aller” assure un des résidents du barrage qui regarde l’opération en cours depuis un bord de route. Nous on préfère attendre qu’ils partent, ils se fatiguent pour rien parce qu’on va tout remettre en place quand ils seront partis”.

3000 voitures encore en stock pour les émeutiers

Tout remettre en place, “c’est exactement ce qu’ils vont faire” souffle un conducteur d’une des voitures bloquées dans la longue file d’attente provoquée par l’opération de nettoyage. “Il y a encore 3000 voitures brûlées dans la casse derrière qu’ils vont aller chercher quand ça sera fini, prévient-il. C’est une opération inutile, ça va faire comme la dernière fois qu’ils ont enlevé le barrage”. Pour rappel, les forces de l’ordre avaient déjà fait venir une entreprise privée sous protection pour nettoyer la route courant semaine dernière, mais il avait suffit d’une journée pour que les émeutiers se réinstallent.

“Il suffit de tomber sur le mauvais groupe et ça peut partir loin”

Le barrage de Nouville est probablement l’un des plus impressionnant à traverser, et est situé à un endroit bien spécifique, puisqu’il empêche les accès à la clinique Kuindo Magnin et à l’université. De leur côté les émeutiers affirment que leur barrage “laisse passer tout le
monde” et que ce n’est pas “un barrage de blancs”. S’ils se montrent visiblement plutôt pacifiques avec les étudiants, et laissent globalement passer les ambulances et les soignants, plusieurs membres de la clinique affirment pourtant s’être fait caillassés et insultés. “La plupart du temps ça passe, mais il suffit de tomber sur le mauvais groupe, ou d’être présent à la mauvaise heure et ça peut partir loin”, témoigne un conducteur qui a souhaité rester anonyme.

En tout cas, pour l’instant la route est à nouveau dégagée. Mais pour combien de temps ?

Loris Castaing

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