La saga Lalié, c’est quelque chose quand même ! Condamné, inéligible, puis éligible, puis inéligible, puis finalement éligible, un sacré yoyo juridique dans lequel Jacques Lalié est voué aux gémonies puis réhabilité une semaine sur l’autre. Président déchu, puis citoyen honorable, le voilà qui pourrait postuler à nouveau à la présidence, et nous dit-il, s’apprête à être candidat. Ce qui va ajouter du sel à la campagne aux îles qui n’en manque déjà pas. Entre un candidat officiel UC-FLNKS contesté en la personne de Mickaël Forrest, un président sortant et qui n’a pas démérité, Mathias Waneux légitime à vouloir se succéder à lui-même, et un Jacques Lalié, habitué des dissidences, et qui voudrait reconquérir le titre, les électeurs ne vont pas s’embêter. Et ce, dans une province endettée jusqu’au cou, dont les perspectives sociales et économiques, déjà minces, sont réduites à l’encan par le blocage des aérodromes et la fronde contre les grands chefs, cela promet. Cela ne donne évidemment pas une très bonne image de Kanaky, si jamais les Loyauté devaient en être une préfiguration. Et la population observe, tout à la fois habituée et résignée, mais inquiète peut-être de savoir de quoi demain sera fait dans ces îles si belles, mais qui semblent oubliées des politiques et où l’intérêt général ne paraît n’être jamais qu’une notion et non un devoir.
Nicolas Vignoles



