On pensait le dossier abandonnĂ©. Le voilĂ qui refait surface. Le dĂ©putĂ© Nicolas Metzdorf confirme lâinscription, au budget 2027 du ministĂšre de la Justice, dâĂ©tudes prĂ©alables Ă la construction dâun nouvel Ă©tablissement pĂ©nitentiaire.
Selon le dĂ©putĂ© Nicolas Metzdorf, le garde des Sceaux GĂ©rald Darmanin a confirmĂ©, dans un courrier adressĂ© Ă l’ensemble de ses agents le 16 juillet, l’inscription au budget 2027 de la Justice des Ă©tudes prĂ©alables Ă la construction d’une nouvelle prison en Nouvelle-CalĂ©donie. L’Ă©lu loyaliste l’a annoncĂ© depuis Paris ce lundi 20 juillet, par voie de communiquĂ© de presse.
Un vieux serpent de mer
L’histoire ne date pas d’hier. En fĂ©vrier 2024, le garde des Sceaux de lâĂ©poque, Ăric Dupond-Moretti, s’Ă©tait rendu en personne sur le Caillou pour dĂ©voiler les contours du futur Ă©tablissement, prĂ©vu pour ĂȘtre construit sur un terrain de 18 hectares de la province Sud en baie de Koutio-KouĂ©ta, Ă Ducos. D’une capacitĂ© de 600 places rĂ©parties en 550 cellules, contre seulement 400 aujourd’hui au Camp-Est, le futur Ă©tablissement devait accueillir mineurs, femmes, prĂ©venus et condamnĂ©s, avec un quartier d’isolement et des zones d’activitĂ© professionnelle faisant cruellement dĂ©faut dans la prison actuelle. AssociĂ© au centre de dĂ©tention de KonĂ©, inaugurĂ© peu de temps auparavant, l’ensemble devait porter la Nouvelle-CalĂ©donie Ă un taux d’Ă©quipement pĂ©nitentiaire trois fois supĂ©rieur Ă la moyenne de la MĂ©tropole, avec 720 places cumulĂ©es pour environ 270 000 habitants. L’objectif affichĂ© Ă©tait de mettre fin aux conditions de dĂ©tention jugĂ©es « indignes » par l’ancien ministre lui-mĂȘme, dans ce bĂątiment hĂ©ritĂ© de l’Ă©poque du bagne, rĂ©guliĂšrement pointĂ© du doigt par la justice française. Nicolas Metzdorf avait alors saluĂ© l’annonce comme celle du plus grand chantier de tous les temps sur le territoire, porteur selon lui d’opportunitĂ©s pour le secteur du BTP calĂ©donien.
Mais en novembre 2025, et une crise insurrectionnelle plus tard, la ministre des Outre-mer NaĂŻma Moutchou avait douchĂ© les espoirs, jugeant qu’une nouvelle prison n’Ă©tait pas la rĂ©ponse adaptĂ©e Ă l’urgence du Camp-Est. Devant la commission des lois du SĂ©nat, elle avait chiffrĂ© le projet entre 60 et 95 milliards de francs, pour un chantier nĂ©cessitant au moins sept Ă dix ans de travaux, expliquant que l’Ătat n’avait « ni cet argent, ni ce temps ». Elle avait alors qualifiĂ© la nouvelle prison de « doux rĂȘve », lui prĂ©fĂ©rant la piste d’un centre de semi-libertĂ© pour dĂ©sengorger plus rapidement l’Ă©tablissement noumĂ©en.
« Mais une Ă©tude nâest pas une prison »
Ă en croire Nicolas Metzdorf, il y aurait un nouveau rebondissement dans lâaffaire. Dans son communiquĂ©, le parlementaire indique nâavoir « jamais lĂąchĂ© ce dossier. Alerte aprĂšs alerte, rendez-vous aprĂšs rendez-vous jusqu’au dernier au MinistĂšre de la Justice en mai dernier pour porter une position claire : construire large, tout de suite, pour ne pas revenir devant l’Ătat dans dix ans avec le mĂȘme problĂšme. » Il voit dans les annonces du garde des Sceaux, GĂ©rald Darmanin, un geste significatif de Paris envers la Nouvelle-CalĂ©donie : « Dans une pĂ©riode de rigueur budgĂ©taire pour l’ensemble de l’Ătat, la Nouvelle-CalĂ©donie obtient un signal fort », Ă©crit-il.
Reste que le dĂ©putĂ© tempĂšre lui-mĂȘme la portĂ©e de l’annonce. Il reconnaĂźt que l’inscription budgĂ©taire d’une Ă©tude ne prĂ©juge en rien du lancement effectif des travaux. « Mais une Ă©tude n’est pas une prison, avertit-il. Je resterai vigilant pour que cette annonce se traduise, dans les prochains mois, par un calendrier de travaux ferme. » Nicolas Metzdorf ne veut pas non plus que ce futur Ă©tablissement se substitue purement et simplement Ă lâactuelle prison de NoumĂ©a. « Je continuerai Ă©galement Ă dĂ©fendre le maintien et la rĂ©novation du Camp-Est en complĂ©ment du futur Ă©tablissement : sans lui, la nouvelle prison ne rĂ©glera pas la surpopulation qu’elle est censĂ©e rĂ©soudre. » Et de conclure sur une note dâengagement : « Ce dossier, je le porte depuis quatre ans. Je le porterai jusqu’Ă sa rĂ©alisation complĂšte. »
B.Z



