Trois ans après le début de la crise, le marché automobile calédonien ne s’effondre plus, mais ne redémarre pas non plus vraiment. Entre un marché du neuf convalescent, un marché de l’occasion qui absorbe les arbitrages des ménages et des concessionnaires qui misent sur de nouveaux services pour préserver l’emploi, Frédéric Posez (groupe CPH) et Jérémie Laroque (groupe Gladius) dressent le portrait d’un secteur qui apprend à vivre avec l’incertitude.
Les chiffres de la DITTT confirment le diagnostic des deux dirigeants : sur le premier semestre 2026, 2 734 véhicules neufs ont été immatriculés en Nouvelle-Calédonie, contre 1 845 sur la même période en 2025, soit une hausse de 48%. Un chiffre qui pourrait sembler spectaculaire, mais qui doit être relativisé. « On pense qu’il est bon par rapport à 2025, mais en fait il est au niveau de 2024, qui était une année en décroissance de -40% comparée à 2023 », résume Frédéric Posez, directeur général du groupe CPH — distributeur notamment de BMW, Citroën, Peugeot ou Mercedes et Subaru —, qui évoque pour 2026 un rythme de 402 véhicules vendus par mois en moyenne depuis janvier, tous concessionnaires confondus.
Jérémie Laroque, responsable du groupe Gladius, distributeur de Toyota et Honda, tient le même discours : le marché du neuf tournait autour de 4 000 véhicules au premier semestre 2023, contre 2 500 sur la même période cette année, soit un écart de -37%. Pour lui, on ne peut donc pas parler de rebond, mais plutôt d’une « stabilisation post-émeutes ». Les deux dirigeants s’accordent : le seuil d’équilibre du marché reste hors de portée, très loin des niveaux d’avant-crise.
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Légende photo : « Un salon crée un rendez-vous, un temps fort ; une remise permanente réinitialise le prix d’entrée du marché », assure Jérémie Laroque, directeur général du groupe Gladius. ©Gladius
D.E.


