Soulevez un morceau de nickel, et dessous, vous trouverez un Chinois. D’un point de vue moral et politique, ce serait mieux de faire sans (et surtout plus prudent, attention quand le loup est dans la bergerie), mais d’un point de vue économique, c’est plus compliqué puisque la Chine possède tous les leviers. Il est bien fini le temps où Pékin produisait du « Pig Iron » (de l’acier de cochon) dont tous les industriels et sidérurgistes du monde entier se moquaient allègrement. La France, a dit Macron, fera sans la Chine, coupable selon lui, et il a raison, d’être responsable de la destruction de la filière calédonienne du nickel. Mais alors, avec qui fait-on, puisque l’Europe et encore moins la France, qui n’a plus d’industrie et bientôt n’aura plus d’agriculture, sont incapables d’investir et de prendre en main leurs approvisionnements en nickel, si important pour l’industrie aujourd’hui et demain ? Cette affaire de nickel montre combien l’Occident est nu face aux puissances émergentes qui lui disputent désormais le pouvoir sur le monde. Metzdorf a raison de s’indigner d’une stratégie d’Indopacifique qui consiste seulement à laisser le pouvoir à la Chine et à l’Inde, et à se préparer à faire de la Calédonie comme de la Polynésie, les futurs Salomon, les futurs Nauru ! En attendant, le diktat de l’Élysée menace sérieusement l’avenir de nos usines de nickel et de leurs salariés, et ça, ça n’a rien de stratégique !
Lucien Lacombe

