Cinquante détenus avaient introduit un référé-liberté auprès du tribunal administratif afin d’enjoindre à l’administration pénitentiaire de mettre fin à leurs conditions de détention indignes. Si le juge des référés s’est déclaré incompétent sur la surpopulation carcérale, il a en revanche ordonné à la prison de cesser de faire dormir des détenus à même le sol.
C’est un immense défi imposé à l’administration pénitentiaire. Le juge des référés du tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie a ordonné à la direction du Camp-Est de « prendre toutes les mesures » permettant « d’améliorer les conditions d’installation des détenus » qui dorment sur des matelas posés à même le sol dans les cellules du centre pénitentiaire. Saisi d’un référé-liberté par cinquante détenus qui lui demandaient d’agir en urgence pour « faire cesser leurs conditions de détention indignes », le juge Hubert Delesalle a enjoint l’État de se conformer à cette décision de justice « dans les plus brefs délais », sans prononcer d’astreinte de 24 000 francs par jour de retard, comme le réclamaient les requérants.
Cette nouvelle action judiciaire visait à ne pas détourner le regard des conditions de vie particulièrement dégradantes et inhumaines vécues par les détenus et les surveillants pénitentiaires dans une prison vétuste dont la capacité d’accueil est de 397 places, mais qui abrite actuellement plus de 550 détenus. La principale demande des requérants était d’« assurer un couchage décent à chaque personne détenue » en attribuant « un lit individuel » et en mettant fin « aux matelas posés à même le sol ».
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Jean-Alexis Gallien-Lamarche



