À un mètre du minerai calciné à 900°C, une trentaine de spécialistes travaillent en ce moment même à redonner une seconde jeunesse à l’un des fours de fusion de la SLN. Un chantier aussi spectaculaire que délicat, que le directeur général Guillaume Kurek avait annoncé au début de l’année.
L’objectif : reconstruire entièrement la voûte du four n°10, usée par 17 années de bons et loyaux services. Pour ce faire, l’entreprise a fait venir plus d’une trentaine de travailleurs portugais spécialisés, mobilisés pour encore un mois de travaux et un investissement d’environ 1,6 milliard de francs. « On pourra repartir avec un four à la voûte neuve, donc pouvoir passer plus de puissance, avoir moins de dommages et moins de contraintes d’exploitation », résume Guilhem Constans, surintendant exploitation ferronickel, dans une vidéo publiée par l’entreprise.

Travail en milieu hostile
La difficulté d’un tel chantier ? Un four Demag ne s’arrête pas comme on coupe un interrupteur. Les équipes en charge de la reconstruction travaillent à un mètre du minerai calciné, ce qui implique une méthode de travail bien précise. « On découpe la voûte en neuf zones, et on travaille neuf semaines, une zone après l’autre, tout en maintenant le four à puissance réduite pour conserver la température du bain métal et du bain de scories », détaille Benoît Lhote, chef de projet d’études générales, dans une vidéo publiée par l’entreprise. Une prouesse technique que la SLN serait, à sa connaissance, la seule à maîtriser à une telle échelle de puissance. La prudence est toutefois de mise à chaque étape car l’opération n’est pas sans danger. « Il y a un risque pour l’exploitant de ne pas réussir à redémarrer le four », prévient Benoît Lhote. « Et si on perdait le four, on risquerait de mettre la SLN dans de très grosses difficultés. » Une pression que les équipes affrontent avec une arme bien rodée : le savoir-faire et l’expérience.
B.Z.


