La mobilisation n’attend pas le coup d’envoi officiel. Mardi 8 septembre, Journée internationale de l’alphabétisation, élèves, étudiants et professionnels ont investi la lecture et l’écriture comme outils de prévention.
Alors que les Journées nationales d’action contre l’illettrisme (JNAI) se dérouleront du 14 septembre au 2 octobre en Nouvelle-Calédonie, plusieurs actions ont débuté dès la fin août ou au début du mois de septembre. Ateliers d’écriture, lectures hors les murs ou actions auprès des collégiens : l’objectif est notamment d’intervenir en amont, avant que les difficultés ne s’installent.
Un « kilomètre de lecture » à l’Anse-Vata
Hier, l’Institut de formation des maîtres de Nouvelle-Calédonie (IFMNC) a choisi de faire sortir les livres de la classe. Deux classes de CM1 et CM2 de l’école primaire Jean-Mermoud, ainsi qu’une classe d’étudiants de 1re année de l’institut, ont participé à un « kilomètre de lecture » sur la promenade de l’Anse-Vata. « On est vraiment dans une démarche de prévention, largement en amont », souligne Nathalie Long, formatrice à l’IFMNC. Les enfants et étudiants ont partagé des fables de La Fontaine, des slams scientifiques et des textes créés par les étudiants, devant leurs camarades, des parents, mais aussi des passants. Une manière de travailler autrement la lecture et l’expression. « Ils étaient très enthousiastes, heureux de lire ou de partager leurs textes », raconte Nathalie Long. Certains élèves lui ont même confié que « ça faisait du bien de sortir et de travailler hors de l’école ». L’exercice leur permet aussi, ajoute-t-elle, de « mesurer l’effet sur un auditoire ». Au collège Gabriel-Païta, la Journée internationale d’hier a permis d’aborder le thème. « Nos élèves ne sont pas concernés par l’alphabétisation puisqu’ils ont accès à l’école, mais nous avons abordé le sujet avec eux », indique Inès Kharrat. En parallèle, le CDI a lancé une exposition sur le plaisir et les bienfaits de la lecture. Déjà en cours, elle sera animée pendant une quinzaine de jours.
Écrire, s’exprimer et gagner en autonomie
Au GIEP (Groupement pour l’insertion et l’évolution professionnelle), le travail a commencé le 4 septembre et se poursuit pendant un mois, autour d’ateliers d’écriture animés par l’artiste Sylvain Lorgnier. Ici, l’écriture n’est pas uniquement envisagée sous son aspect scolaire : « c’est aussi un travail de fond que l’on fait avec les stagiaires pour développer de la facilité à écrire », indique Victor Vercoutter, formateur au sein de la structure. Une compétence directement liée à leur parcours d’insertion : « une lettre de motivation, c’est parler de soi. Et dans les entretiens d’embauche, il faut savoir décider ce qu’on dit et bien le dire. »
D’autres initiatives sont en cours ou se préparent. L’IFAP (Institut de formation à l’administration publique) mène depuis le 31 août un travail de scénarisation de séances, tandis que Prony Resources propose depuis hier une action en ligne, « Le courage du 1er pas ». La Bibliothèque Bernheim de Koné, installée provisoirement au château Grimigni à Pouembout, met en avant, à l’occasion des JNAI, son nouveau service d’« aidant numérique ». Une collaboratrice, formée à la démarche DUPLEX, accompagne gratuitement les usagers dans leurs démarches numériques du quotidien. Cette méthode associe compétences numériques et savoirs de base, lecture, écriture et oral, à partir de situations concrètes. Pour faire connaître ce nouveau service, une vidéo en français et en paicî sera diffusée à partir de ce mercredi 9 septembre.
I.L.R.

