Depuis quelques mois, c’est du côté d’un repreneur chinois que se dessine l’espoir d’une relance de l’usine du Nord. Mais à Paris, Emmanuel Macron aurait manifesté son opposition à toute entrée chinoise dans le nickel calédonien. Les réactions du PDG de la SMSP, Karl Therby, pour qui la priorité reste aujourd’hui « de boucler la sortie de Glencore ».
Le président de la République a indiqué vendredi dernier à la mission transpartisane à Paris qu’il ne laisserait pas de sociétés chinoises entrer au capital des usines calédoniennes. Et ce, alors même que le groupe chinois Lygend Resources vous a fait une offre de rachat en avril. Comment réagissez-vous à cette annonce ?
Premièrement, cette position concerne potentiellement toutes les usines. Deuxièmement, c’est la position du moment du président de la République, qui est dans son rôle et à sa place. C’est la vérité du moment, en tout cas pour les sept prochains mois.
Cela signifie-t-il que vous allez devoir abandonner cette offre ?
Non, pas pour nous. Très honnêtement, nous n’avons pas écarté Lygend Resources depuis vendredi. Chacun est à sa place. C’est sa responsabilité, et nous, nous conservons la nôtre, qui est de chercher le meilleur partenaire pour le bien de KNS. Dans cette recherche, à notre niveau, on ne s’occupe pas de la nationalité du repreneur. On s’occupe de ses compétences techniques et de sa capacité financière à accompagner KNS, parce qu’on sait qu’il va y avoir des travaux, quelles que soient les hypothèses industrielles qu’on prenne. Et puis, il y a une reprise d’activité métallurgique avec une montée en puissance qui, au début, coûte de l’argent. Donc il faut avoir cette capacité financière et technique à faire et à accompagner KNS. Nos priorités sont là.
Combien de repreneurs sont aujourd’hui en lice ?
Aujourd’hui, nous avons reçu quatre offres engageantes. Deux chinoises, dont celle de Lygend. Il y a également une offre indienne et une offre émiratie.
Concernant cette offre émiratie, s’agit-il du groupe également en lice pour l’usine du Sud ?
Le nom reste confidentiel. Mais oui, nous avons reçu des offres engageantes. Nous avons fait des demandes de compléments d’informations qu’on attend. L’objectif de la SMSP, c’est d’avoir le même niveau d’information de tous les candidats potentiels, de tous les groupes qui ont émis des offres, afin de mettre cela sur la table du conseil d’administration de la SMSP, qui tranchera au moment venu, quand on sera prêt. On espère en fin d’année ou début d’année prochaine. Ce qui se passera après relève plus d’une posture politique ou géostratégique que d’industrie pure.
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Propos recueillis par Béryl Ziegler


