« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs », tout le monde se souvient de ce discours de Jacques Chirac. Eh bien, il semble que, 24 ans plus tard, cela nous concerne toujours, et même de plus en plus en Océanie. À l’occasion de la 11e Conférence des îles du Pacifique sur la conservation de la nature qui se tient à Nouméa, il a été annoncé que 20 % des quelque 16 000 espèces étudiées dans le Pacifique, soit plus de 3 200, étaient menacées d’extinction. Une déclaration commune des participants devrait être adoptée. C’est bien, mais ce n’est pas suffisant. D’autant qu’il y a les États ou territoires qui agissent, et la Nouvelle-Calédonie en fait partie, et ceux qui subordonnent leur politique de protection de la nature à leurs intérêts économiques. On pense à la déforestation en Papouasie-Nouvelle-Guinée ou aux Îles Salomon, et que l’on se rappelle Nauru et le phosphate. Il est donc venu le temps de la responsabilisation et d’en finir avec la doctrine selon laquelle, puisque l’Océanie ne pollue pas, les États pollueurs doivent payer pour elle ! Il faut d’abord éteindre l’incendie de notre maison que nous avons nous-mêmes allumé, et il y a effectivement urgence, la situation se dégradant, par notre négligence ou notre égoïsme, année après année.
Lucien Lacombe
* Discours prononcé par Jacques Chirac devant l’assemblée plénière du quatrième sommet de la terre, le 2 septembre 2002 à Johannesburg en Afrique du Sud.

