Un surveillant du centre pénitentiaire a été violemment agressé par un détenu, le 13 mai dernier. Souffrant de troubles psychiatriques, le jeune homme s’en est pris à un gardien avec un stylo, provoquant l’indignation des syndicats, qui réclament le transfert de l’agresseur en Métropole.
Une attaque « potentiellement mortelle ». Un surveillant du Camp-Est, à Nouméa, a été violemment agressé par un détenu mercredi 13 mai, provoquant l’indignation des syndicats pénitentiaires, qui dénoncent « une tentative d’homicide ». Les faits se seraient déroulés lors du service du repas du soir dans le centre de détention 1 lorsqu’un détenu s’est alors directement jeté sur le gardien et lui a planté un stylo dans la gorge « avec une volonté manifeste d’atteindre une zone vitale particulièrement vulnérable et exposée d’un agent », selon Force ouvrière (FO).
« Sans l’intervention immédiate et courageuse des agents présents sur place, le pire aurait pu se produire. Un premier collègue a immédiatement extrait et protégé l’agent agressé. Dans le même temps, un second collègue a fait preuve d’un courage exemplaire en s’interposant physiquement face à l’agresseur en le maîtrisant et en maintenant la personne détenue au sol jusqu’à l’arrivée des équipes locales de sécurité pénitentiaire », raconte Mikaele Kafikaila, secrétaire local de l’Ufap-Unsa-justice.
« La violence franchit un nouveau cap »
Qualifié de « honte de la République », surpeuplé et insalubre, le centre pénitentiaire de Nouméa est régulièrement épinglé pour les conditions de détention des personnes incarcérées, mais aussi pour les conditions de travail du personnel. Cette agression au stylo est le signe que « la violence franchit un nouveau cap, elle évolue, se radicalise et vise désormais des zones du corps pouvant ôter la vie. De nombreux objets du quotidien accessibles en détention peuvent être détournés et utilisés comme des armes potentiellement mortelles », souligne FO.
Selon les syndicats, l’auteur des faits avait déjà menacé verbalement le même agent la veille. « Le détenu s’était alors mis en garde devant le collègue, dans une attitude menaçante et agressive. Grâce à son professionnalisme et à sa réactivité, notre collègue a refermé immédiatement la cellule afin d’éviter un passage à l’acte », observe Mikaele Kafikaila, qui reproche à la direction de ne pas avoir pris en compte « ce signalement alarmant » et d’avoir de nouveau affecté le fonctionnaire dans le même quartier le lendemain.
Vers des sanctions exemplaires ?
Lorsque la crise insurrectionnelle a éclaté en mai 2024, la prison de Nouville avait connu plusieurs mutineries dont une prise d’otage de trois surveillants. « Malgré, les précédents extrêmement graves, malgré les alertes répétées, malgré les renseignements et tensions identifiés, les personnels continuent d’exercer dans des conditions dégradées et dangereuses. Comment peut-on ignorer des faits ayant déjà failli faire perdre le contrôle de l’établissement ? Comment peut-on ne pas tirer toutes les conséquences des signalements et informations recueillis ? », s’interroge Force ouvrière qui réclame « la fin des journées de service de douze heures imposée dans un même bâtiment, faute d’effectifs suffisants ».
L’Ufap-Unsa-justice appelle l’État à doter le Camp-Est « de renforts d’effectifs immédiats » afin d’éviter que les surveillants soient à nouveau pris pour cible. Le syndicat demande également « des sanctions exemplaires tant sur le plan disciplinaire que devant les juridictions pénales compétentes » à l’encontre de l’auteur de l’agression, ainsi que son transfert vers une prison de Métropole.
Jean-Alexis Gallien-Lamarche




