Ce lundi matin, des milliards d’individus ont regardé 22 types taper dans un ballon et essayer de le faire entrer dans des filets. Cela a suscité des joies, des émotions, des pleurs et des retombées économiques qui se comptent en milliards de dollars. C’est ça, la magie du football. En déclarant sans rire que la Fifa donne du bonheur aux gens, son président Gianni Infantino n’a pas tort, si l’on considère que les populations des pays les plus riches comme celles des plus misérables se passionnent pour le foot et le Mondial, sans raison ni logique. C’est d’autant plus étrange que, contrairement aux Olympiades de l’Antiquité, la Coupe du monde n’impose aucune trêve. On continuait donc de se battre en Ukraine, en Iran et ailleurs, tandis que Messi, Kane ou Mbappé marquaient. C’est ça l’envers du décor du football. Les passions suscitées par le foot sont tellement exacerbées que plus personne n’envisage de se passer de ce qui n’est même plus un sport, mais un phénomène de société à la dimension de la planète, et qui génère des conséquences politiques, diplomatiques, stratégiques qui font que même les plus ignares en la matière, comme Donald Trump, font mine de s’y intéresser. Et en France aujourd’hui le débat n’est plus sur la fin de vie, la canicule ou les 250 000 visas qu’il faudrait accorder à l’Algérie, mais sur le fait de savoir si Zinédine Zidane fera mieux que Didier Deschamps.
Nicolas Vignoles



