Alors que le 13 mai approche, deux ans après les émeutes qui ont profondément marqué la Nouvelle-Calédonie, les syndicats pénitentiaires relancent la bataille pour la reconnaissance des agents. Réunis à Paris dans le cadre d’un comité social d’administration territorial, des représentants du centre pénitentiaire de Nouméa ont porté une exigence claire : une reconnaissance réelle et équitable de l’engagement des personnels durant la crise.
Ce déplacement « n’est ni une opération de façade, ni un simple acte de présence », affirme le syndicat FO Justice dans un tract daté du 26 avril 2026. Il s’inscrit dans un contexte encore profondément marqué par les violences du 13 mai 2024. Pendant plusieurs semaines, les agents ont dû maintenir le fonctionnement du Camp-Est dans des conditions exceptionnelles. Le syndicat décrit une situation d’épuisement généralisé : « enchaînements de services sans repos, explosion incontrôlée des heures supplémentaires, fatigue accumulée », mais aussi des conditions de repos précaires, « parfois à même le sol ou dans des véhicules ». Au-delà de la fatigue, la question sécuritaire reste centrale. De nombreux agents ont été directement pris pour cible sur leurs trajets domicile-travail, confrontés à des « carjacking, jets de projectiles, menaces de mort, insultes et intimidations ». Aller travailler relevait, selon le syndicat, « d’un acte de courage quotidien ».
Malgré ces conditions, les personnels ont tenu leur mission. « Sans l’engagement exceptionnel et constant des agents, une aggravation majeure de la situation a indéniablement été évitée », souligne Force ouvrière, évoquant notamment la protection du centre-ville de Nouméa. Connectez vous pour y accéder !Ce contenu est réservé aux abonnés.
Légende photo : Depuis les émeutes, les syndicats ont tiré la sonnette d’alarme à plusieurs reprises. © C.G.
Hugo Hmana




