Tirant des constats et examinant la situation économique et sociale de la Nouvelle-Calédonie, les représentants du monde économique proposent un plan en cinq mesures, un dispositif d’urgence.
Ce dispositif proposé par le MEDEF, la FEINC, la CPME, l’U2P‑NC, la CCI et la Chambre d’agriculture et de la pêche (CAP‑NC) est établi pour deux ans et vise à la relance le plus rapidement possible. Le constat unanime est en effet que la situation économique de la Nouvelle‑Calédonie continue à se dégrader et que l’on est au bord de la catastrophe.
Ce plan d’urgence s’articule autour de cinq mesures. Il est tout d’abord demandé que les cotisations patronales RUAMM soient suspendues ou différées. La mesure consiste en la suspension du paiement des cotisations patronales RUAMM et des cotisations RUAMM des travailleurs indépendants pendant deux ans jusqu’à mi‑2028, et à un remboursement différé étalé sur cinq ans à l’issue du moratoire, sans pénalités. Cela concernerait les entreprises ayant subi une perte de chiffre d’affaires supérieure ou égale à 30 % par rapport à 2023.
Une mise en place rapide
Il est également demandé l’exonération de cotisation salariale RUAMM tranche 1 (2,85 %) pendant deux ans sur la part de rémunération inférieure à 1,3 SMG, soit 217 883 francs mensuels bruts, pour tous les salariés du secteur privé. La troisième mesure d’urgence est la suppression intégrale de la patente pendant deux ans pour toutes les entreprises et tous les patentés. Les représentants du monde économique demandent également la prolongation de l’allocation exceptionnelle de maintien dans l’emploi jusqu’à mi‑2028, et enfin la prorogation du dispositif SOGEFOM jusqu’à mi‑2028.
« Les crédits garantis par la SOGEFOM, précisent les organisations, constituent l’un des rares leviers de financement encore accessibles aux entreprises calédoniennes depuis les événements de mai 2024. Ces garanties ont permis à un nombre significatif d’entreprises de maintenir leur accès à la trésorerie et à l’investissement. La prorogation de ce dispositif au‑delà de 2026 est indispensable ».
Le monde économique demande à l’État comme au gouvernement de la Nouvelle‑Calédonie de mettre en place ce dispositif dans les meilleurs délais. « Ne pas mettre en œuvre aujourd’hui ces mesures, expliquent‑ils, c’est s’assurer d’une aggravation accélérée de la crise économique et sociale dans les prochains mois. Le coût à supporter sera alors bien plus important ».
Nicolas Vignoles

