Le projet industriel « Maison Terra » a franchi une étape décisive ce mardi avec la pose de la première pierre de son usine à l’entrée de La Foa. Portée par les sœurs Chloé et Marie Lafleur, cette unité de transformation agroalimentaire ambitionne de transformer les surplus agricoles calédoniens en produits prêts à l’emploi, dans la perspective de structurer une véritable filière.
Sous le soleil de la Brousse, hier, l’émotion était palpable. « C’est avec beaucoup de fierté et d’émotion que ma sœur et moi‑même vous accueillons aujourd’hui sur le site de notre future usine », a déclaré Chloé Lafleur dans son discours d’ouverture. Devant un parterre de représentants de l’État, du gouvernement, des provinces, des chambres consulaires, des organisations patronales, de La Foa et des communes voisines, les deux entrepreneuses ont détaillé le projet sur lequel elles travaillent depuis de nombreuses années et dont les premières fondations sont en place. « Maison Terra, c’est une usine de transformation agroalimentaire qui va pouvoir préparer des fruits, des légumes et des tubercules tropicaux en produits prêts à l’emploi de quatrième gamme et en surgelés de troisième gamme, à destination des consommateurs calédoniens », a dévoilé Chloé Lafleur. « On propose une réponse industrielle à un enjeu stratégique, à savoir transformer localement ce qui est produit localement. Au fond, c’est aussi un enjeu majeur d’autonomie alimentaire », poursuit‑elle. « Aujourd’hui, c’est bel et bien le maillon manquant de la chaîne, celui qui permet de relier les producteurs locaux aux clients calédoniens ». La Sopac avait déjà pris l’initiative de transformer de la squash dans son usine, quand il n’y avait pas de production de crevettes, mais jamais un projet de transformation agroalimentaire d’une telle ampleur n’avait été lancé sur le Caillou.
« Un complément » à l’import
Le projet est né d’un constat « unanime et largement partagé » sur le gaspillage en Nouvelle‑Calédonie. « On estime que 60 % des mangues ne sont même pas ramassées : énorme gaspillage », a donné pour exemple Chloé Lafleur dans son discours d’ouverture. Mariée à un agriculteur de Moindou, la jeune femme a également évoqué le sort des produits dont le calibre ou l’aspect ne correspondent pas aux standards des étals de supermarchés, ainsi que les fluctuations de prix qui forcent parfois les producteurs à abandonner leurs récoltes dans les champs : « Pour un agriculteur, ça fait mal au ventre. Je pense notamment à l’aubergine, quand elle passe en dessous du seuil des 50 francs, personne ne va payer de la main‑d’œuvre pour aller la ramasser ».
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Légende photo : Hier, la première pierre de l’usine de transformation agroalimentaire a été posée symboliquement à l’entrée de la Foa, même si les travaux sont déjà bien avancés.
Béryl Ziegler



