Le conseil d’administration d’Air Calédonie s’est réuni ce vendredi matin. Il y a été décidé le lancement d’une procédure collective auprès du tribunal de commerce alors que « la situation financière de la compagnie n’est plus tenable ». Un plan de redressement doit notamment être élaboré.
Déjà fragilisée par la période Covid puis par les émeutes de la CCAT, Air Calédonie, la compagnie domestique, pourrait ne pas survivre aux blocages toujours organisés sur les îles. Depuis le 2 mars, les ATR d’Aircal ont en effet interdiction d’atterrir sur les aérodromes d’Ouvéa, de Lifou et de Maré, mais aussi de l’île des Pins, où une solution était en passe d’être trouvée. Ces blocages aggravent la situation financière de la compagnie aérienne qui perd aux environs de 10 millions par jour.
Pour faire face à cette situation, la compagnie avait déjà pris la décision, mi-mars, de mettre 50 % de son personnel en chômage partiel afin de gagner du temps. Mais force est de constater que la situation ne s’améliore pas. Le conseil d’administration réuni vendredi matin a fait le constat « qu’en raison des blocages des aérodromes des îles Loyauté et de l’île des Pins, la situation financière de la compagnie n’est plus tenable ». En conséquence de quoi, le conseil d’administration a pris la décision à l’unanimité d’entamer une procédure collective auprès du tribunal de commerce.
Près de 200 familles impactées
La compagnie aérienne a alors informé les personnels avant de publier un communiqué officiel. Cette nouvelle démarche, décidée par le conseil d’administration, « vise à protéger la compagnie en lui offrant un cadre légal pour proposer un plan de redressement ». « Dans un premier temps, les dettes seront gelées et sous réserve de la réouverture des aérodromes, Air Calédonie pourra poursuivre son activité en fonction des ressources qui seront allouées par les actionnaires durant la période d’observation », peut-on lire dans le communiqué alors que la direction assure être mobilisée pour « sauver une entreprise vitale » pour l’ensemble du territoire, et notamment pour les populations des îles.
Il s’agit d’éviter que la catastrophe soit de plus grande ampleur, et c’est ce qui a été indiqué au personnel qui « a déjà été très sollicité ces dernières années pour réduire les coûts, qui a vécu un plan social de grande ampleur et accepté des réductions de salaire ». Toutefois, « un engagement et des efforts supplémentaires seront nécessaire, avec notamment la poursuite du chômage partiel tant que l’activité n’a pas repris. C’est une situation très difficile qui impacte près de 200 familles ».
Le 11 mars dernier, les employés d’Air Calédonie s’étaient notamment mobilisés devant le siège de la compagnie afin d’alerter sur leur situation et sur les craintes de plus en plus importantes pour leur emploi. « On veut sauver nos emplois, on veut sauver la boîte. On est là, on attend, mais on ne peut pas rester trop longtemps bloqués », avait alors exprimé un délégué syndical. Malheureusement, deux semaines plus tard, le blocage demeure identique. La situation économique, elle, ne cesse de s’aggraver…
N.V.




