Une centaine d’employés de la compagnie aérienne domestique se sont mobilisés, mercredi matin, devant le siège d’Air Calédonie à Nouméa. L’occasion d’exprimer leurs craintes alors que le blocage des aérodromes se poursuit sur les îles.
Dix jours. Dix jours que les avions d’Air Calédonie sont bloqués au sol en raison des blocages menées sur les différents aérodromes des îles Loyauté et de l’île des Pins. Des actions menées par différents collectifs afin de s’opposer au déménagement de la compagnie domestique de Magenta vers Tontouta. Une situation aujourd’hui dénoncée par les employés d’Air Calédonie, qui se sont mobilisés pendant deux heures devant le siège social à la Vallée-du-Tir, afin de déplorer l’enlisement du conflit. Et, surtout, afin d’avancer les craintes grandissantes alors que la compagnie aérienne se retrouve plongée dans une situation économique forcément préoccupante. « Air Calédonie en otage, laissez-nous voler », « Ensemble pour faire avancer le pays, ensemble pour Air Calédonie », pouvait-on lire sur différentes banderoles affichées pour l’occasion.
Des réunions avec Ouvéa et l’Île des Pins
Car, clairement, dans le contexte actuel, les employés craignent évidemment pour leur emploi. Alors que quelque 150 postes avaient déjà été supprimés après les émeutes de mai 2024, d’autres postes pourraient vaciller en fonction de la durée du blocage. Voire l’intégralité alors que certains manifestants, à en croire un communiqué de l’Union calédonienne publié le 1er mars dernier, seraient même prêts à « sacrifier la compagnie pour être entendu ». Dès lors, pas question de rester les bras croisés pour les employés. « On veut sauver nos emplois, on veut sauver la boîte, affirme Robert Kono, délégué syndical, cité par Radio Rythme Bleu. On est là, on attend, mais on ne peut pas rester trop longtemps bloqués. »
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Une délégation du personnel a notamment été reçue par Alcide Ponga dans le courant de la matinée. Et alors qu’un retour en arrière n’est pas à l’ordre du jour, des discussions sont en cours avec les collectifs d’usagers d’Ouvéa et l’île des Pins pour trouver une sortie de crise. Avec l’espoir évident de les voir monter rapidement dans l’avion… En attendant, à Nouméa, les réunions se poursuivent. Un conseil d’administration doit avoir lieu ce mercredi après-midi, avant un échange entre Daniel Houmbouy, le directeur général d’Air Calédonie, et Alcide Ponga.
Une « prise en otage » de l’économie
Le Medef, dans un communiqué publié mardi, a également tenu à tirer la sonnette d’alarme face au blocage persistant des aérodromes sur les îles. L’organisation patronale alerte ainsi sur la « prise en otage » de l’économie. « Pour les îles, l’avion n’est pas un confort : c’est une infrastructure vitale. Lorsque les aérodromes sont bloqués, ce sont immédiatement l’activité économique, l’emploi local, l’approvisionnement et le tourisme qui sont menacés », écrit ainsi le Medef, estimant que « les entreprises ne peuvent pas être les victimes collatérales de blocages illégaux ». « Dans un territoire aussi fragile économiquement que la Nouvelle-Calédonie, empêcher la circulation aérienne revient à asphyxier volontairement l’économie des îles et du Territoire (…) La Nouvelle-Calédonie ne pourra pas se reconstruire économiquement si elle accepte de se laisser ainsi paralyser », peut-on lire dans ce communiqué, signé de Bertrand Courte, le nouveau président de l’organisation.
C.G.




