La SAV, elle nous avait manqué !

La Savexpress a retrouvé sa fluidité. Les séquelles des violences, en revanche, risquent de rester ancrées longtemps sur le goudron, tant les dégâts l’ont marqué au fer rouge.

Un clignotant actionné pour dépasser une voiture sur la file de gauche, voilà un geste dont nous avions perdu l’habitude. La SAV, aussi, s’était tristement accoutumée à voir slalomer des voitures sur une seule et même voie. Mais depuis peu, le trafic est revenu à la normale (de jour, car la nuit c’est couvre-feu) et la voie express numéro 2 retrouve toute sa splendeur… Enfin, presque.

Des séquelles gravées

Sur la portion séparant le rond-point Mageco, à Nouméa, de la première sortie (celle de Koutio) pour le Médipôle, à Dumbéa, il n’y a plus de traces de voitures brûlées. Il ne reste pas non plus de barrages, de débris, ou d’émeutiers.

La SAV garde cependant des souvenirs de dix-sept jours de vandalisme. Sur le sol, les empreintes des incendies, qui n’ont cessé d’éclairer la route et les barrages depuis le lundi 13 mai, ont noirci le gris. Sur le côté, les barrières de sécurité ont, pour la plupart, disparu, et on revoit l’herbe, jusque-là recouverte de tout un tas de choses. Autour, les restes des nombreux commerces incendiés laissent persister une odeur de cramé.

Les ponts, sous lesquels la SAV serpente, ont été récupérés par les forces de l’ordre, qui siègent sur les entrées de ceux-ci, jetant un œil attentif aux automobilistes. Seul un pont était toujours, ce jeudi 30 mai, en possession des indépendantistes, qui saluaient les passants en brandissant leur drapeau. La sortie, dans le sens contraire, était, elle, encore fermée car obstruée par des débris.

Vers le Médipôle, la route est accessible

Après avoir emprunté la sortie menant au Médipôle, le chemin est fluide. La route (qui longe la Savexpress) passant devant le squat Bagdad, où un homme a perdu la vie en fin de semaine dernière, tué par arme à feu, est toujours entre les mains d’une poignée de militants de la cause indépendantiste, mais le passage se fait simplement, rapidement, et sans encombre.

Cela roule aussi au niveau du pont des « Erudits », près de Géant. Dans cette zone, le boulevard Joseph Wamytan a retrouvé un semblant de rue. Quelques débris sont encore présents, les commerces, appartements, logements des internes du Centre Hospitalier, ont été pillés, puis brûlés, mais le calme semble avoir retrouvé sa place.

De jour en jour, la circulation redevient possible, en espérant que cela dure.

Eloi Coupry

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