Septième mort dans la crise : ce qu’il s’est passé

Yves Dupas, procureur de la République en Nouvelle-Calédonie, livre des détails sur les circonstances de la mort d’un homme survenue vendredi à Dumbéa, par arme à feu, en pleine crise sécuritaire sur le Caillou.

Après le décès d’un homme de 48 ans vendredi en début d’après-midi, tué par un policier qui n’était pas en service, une enquête a été “diligentée par la section de recherches de Nouméa”, précise le procureur de la République, ce dimanche soir, par communiqué.

Il ressort de l’enquête que, vendredi, “le fonctionnaire de police décide d’accompagner son collègue au centre hospitalier territorial du Médipôle à Dumbéa pour un motif personnel. Les agents, qui ne portent pas d’uniforme, ne sont donc pas en mission de service. A bord de leur véhicule, au niveau du rond-point des Erudits, ils hésitent à s’engager sur la route conduisant au centre hospitalier, compte tenu de la présence de barrages. Cependant, arrivant à leur hauteur, le conducteur d’une ambulance les rassure, tout en les invitant à le suivre”, poursuit Yves Dupas dans son rappel détaillé des faits.

Des sommations

“Les deux hommes parviennent à passer un premier barrage, mais ils sont pris à partie en franchissant un second barrage, en subissant de nombreuses projections de pierres qui provoquent le bris de la vitre côté conducteur. A l’approche d’un troisième barrage, leur véhicule est bloqué par trois voitures en stationnement. Ils subissent de nouveau des caillassages de la part d’un groupe de 40 à 50 personnes qui s’approchent du véhicule de manière très véhémente”, retrace le procureur de la République.

La suite ? “Le conducteur sort du véhicule, décline sa qualité et procède à des sommations. Le fonctionnaire de police, qui occupe le siège passager, aperçoit un homme, à proximité de sa portière, porter un violent coup avec un objet d’une certaine longueur, contre la vitre côté passager, qui se brise en éclats. En voyant que l’homme réarme son bras pour lui porter un coup avec l’objet, le fonctionnaire de police, en position assise, sort son arme de service , en criant ‘police, police’.”

Le fonctionnaire de police, écrit Yves Dupas, explique avoir tiré ”une seule fois, au jugé et sans prise de visée. Le projectile atteint l’homme mortellement au niveau du thorax. Les deux agents parviennent alors à s’extraire des lieux et à atteindre l’établissement hospitalier.”

Une vidéo montre un sabre

L’enquête a alors commencé. ”Les constatations faites sur le véhicule”, note Yves Dupas, ”mettent en évidence de multiples impacts sur la carrosserie compatibles avec des projections de pierres. Les deux vitres du conducteur et du passager avant sont brisées. L’exploitation d’une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux met en évidence la présence d’un sabre d’abattis sous le bras d’un homme, allongé au sol, inanimé, susceptible de correspondre à la victime, décédée. L’examen médical du policier et de son collègue atteste de la présence de blessures au niveau du visage compatibles avec la projection des éclats de verre et des pierres. Une incapacité totale de travail d’un jour a été prescrite par le médecin, les victimes de ces actes de violence ayant décidé de déposer plainte pour ces faits.”

Le procureur de la République poursuit : ”le policier a reconnu avoir tiré un seul coup de feu, dans un geste réflexe pour se défendre, sans ajuster son tir vers la victime, en relevant un contexte de forte hostilité”.

Sous contrôle judiciaire

En conséquence, ”le parquet a ouvert, ce jour, une information judiciaire en retenant la qualification criminelle de violences volontaires sans intention de donner la mort, aggravée par l’usage d’une arme. Présenté au magistrat instructeur, le tireur présumé est mis en examen de ce chef de coups mortels aggravés par l’usage d’une arme, et placé sous contrôle judiciaire, décision conforme aux réquisitions du parquet. Les investigations se poursuivent désormais sous l’autorité du magistrat instructeur. L’autopsie du corps de la victime est d’ores et déjà ordonnée et une expertise balistique sera également décidée.”

En conclusion, Yves Dupas rappelle ”qu’au cours de l’information judiciaire, la personne mise en examen comme les proches de la victime décédée, au titre de leur constitution de partie civile peuvent solliciter auprès du magistrat instructeur la réalisation d’ investigations complémentaires”.

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