En Calédonie, le taux de prélèvements obligatoires – 30 % du PIB – est en deçà de celui de la France, mais la dépense publique est bien plus lourde que dans les territoires comparables. L’IGF détaille dans un rapport qui supporte quoi, et trois scénarios pour équilibrer dépenses et recettes.
Vingt-cinq ans après le rapport de l’inspecteur Jean-Pierre Lieb, l’Inspection générale des finances (IGF) livre une nouvelle photographie de la fiscalité calédonienne. Le résultat tient en un rapport de 23 pages, intitulé « État des lieux et pistes d’évolution des prélèvements obligatoires en Nouvelle-Calédonie ». Le document, rendu public le 15 octobre, a été réalisé au terme d’une mission conduite entre avril et septembre par l’Inspection générale des finances.
Le rapport a été « commandé à l’Inspection générale des finances par le ministre des Comptes publics », rappelle l’IGF. La fiscalité relevant d’une compétence du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, le travail s’est fait en coordination avec lui. Son point de départ est la situation des finances publiques, « très accentuée par la crise et les événements de 2024, mais qui en réalité préexistait déjà depuis plusieurs années ». La mission, composée de Charles Trottmann, Louise Auffray, Prosper Pot et Agathe Rosenzweig, revendique une position d’observateur. Elle a travaillé avec le FMI et l’OCDE, et s’est appuyée sur les données des services fiscaux et des douanes locales. Il en ressort, dit-elle, « un menu d’options » dont le gouvernement pourra s’emparer.
Un taux de 30 % qui n’a rien d’exceptionnel
En 2025, le taux de prélèvements obligatoires (ensemble des cotisations sociales, impôts et taxes) s’est établi à 30 % du produit intérieur brut (PIB). Par rapport à la France, que l’IGF situe à 44 %, il est « nettement moins élevé ». Il dépasse en revanche celui des petits États insulaires du Pacifique, à 20 % en moyenne. En 2023, il était proche de celui de la Nouvelle-Zélande (33 %), légèrement supérieur à celui de l’Australie (30 %) et inférieur à celui de la Polynésie française ou de l’Islande (36 %). Ce niveau n’est donc « pas quelque chose qui place la Nouvelle-Calédonie complètement à part », explique l’IGF, face à des États insulaires développés, « on est dans un univers qui est cohérent ». Elle ajoute que « toute la question est toujours de savoir à qui on se compare ». Connectez vous pour y accéder !Ce contenu est réservé aux abonnés.

