Deux établissements bancaires renommés se sont donc fait enfler de 251 millions par un type de 35 ans, au prétexte qu’il porte un nom connu et arborait une Cartier au poignet et un carré Hermès en écharpe. Une affaire Kerviel locale ou quoi ? Et le type en question coule des jours heureux sur Gold Coast et a largement de quoi payer l’amende à laquelle la justice l’a condamné. Le truc, c’est que pour ce « golden boy » (!), ça n’a pas semblé très compliqué de gruger tout le monde, il l’a même fait avec un aplomb confondant et l’on s’étonne du manque de réactivité des banquiers. Mais c’est aussi et surtout l’illustration la plus parfaite de cet adage populaire et réaliste selon lequel « on ne prête qu’aux riches ». C’est pourtant sur les banques que l’on espérait compter après les émeutes du 13 mai 2024, et vers lesquelles se sont tournés bien des petits patrons en grande difficulté, mais à qui les banques n’ont globalement laissé que les yeux pour pleurer. Ce sont les mêmes qui réclament, aux quidams honnêtes que nous sommes, des explications sur les revenus, les virements, les mouvements, comme si nous avions des choses à cacher ou que nous devions justifier de l’emploi des sous qui pourtant les font vivre. Alors après des affaires comme celle-ci, révélée par La voix du Caillou, certains s’étonneront que les banques aient mauvaise presse dans l’opinion.
Lucien Lacombe

