Un décret publié mardi au Journal officiel permet dorénavant aux policiers municipaux calédoniens, comme c’est le cas pour les agents métropolitains par exemple, de porter une arme de poing.
C’est, pour le député de la première circonscription, Nicolas Metzdorf, une « avancée majeure ». Dans un communiqué, le responsable non-indépendantiste révèle en effet que les policiers municipaux calédoniens seront dorénavant habilités à porter une arme de poing après la publication d’un décret au Journal officiel. « Jusqu’ici, la Nouvelle-Calédonie était un territoire de la République où les policiers municipaux ne pouvaient pas porter d’arme à feu. Partout ailleurs, de Mayotte à Saint-Pierre-et-Miquelon en passant par la Corrèze, cette avancée majeure s’appliquait depuis des dizaines d’années. Pas chez nous », explique ainsi Nicolas Metzdorf.
Le décret, signé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, par le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez et par la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou, publié officiellement mardi 29 septembre, modifie notamment le code de la sécurité intérieure. Une restriction qui appartient dorénavant au passé alors que les agents pourront dorénavant porter des calibres 38, du 7,65 ou encore du 9 mm. « En mai 2024, quand les quartiers de Nouméa, de Dumbéa, de Païta ou du Mont-Dore brûlaient, ce sont pourtant nos policiers municipaux qui nous ont aidés à tenir, nuit après nuit, face à des émeutiers armés, rappelle Nicolas Metzdorf. On leur demandait le courage des autres forces de l’ordre, sans leur en donner les moyens. »
Cette avancée impose tout de même des conditions strictes d’application. Ainsi, malgré ce décret, tous les agents municipaux ne seront pas armés dans les prochaines semaines alors que les communes resteront maîtres sur cette question. Car, selon le code de la sécurité intérieure, les autorisations sont distribuées « sur demande motivée du maire pour un ou plusieurs agents nommément désignés » et accordées ensuite par le Haut-commissariat.
Quel moyen pour la formation ?
Malgré tout, pour Cynthia Jan, première édile de Dumbéa, cette nouvelle possibilité est « une avancée importante » pour la sécurité des agents qui sont « quotidiennement sur le terrain et qui sont amenés à intervenir de plus en plus souvent ». « Nos agents font face à des situations parfois particulièrement difficiles. Ils doivent pouvoir exercer leurs missions dans les meilleures conditions de sécurité possibles », avance-t-elle dans un communiqué.
Reste tout de même la question de la formation des policiers municipaux, passage évidemment obligatoire. « Cette obligation soulève une question très concrète : celle des moyens financiers des communes, dans une période où leurs budgets sont particulièrement contraints, poursuit Cynthia Jan. Si l’État permet aujourd’hui aux communes de mieux protéger leurs policiers municipaux, il faudra donc également veiller à ce qu’elles aient les moyens de former leurs agents et de mettre en œuvre cette mesure dans de bonnes conditions. »
C.G.

