Les élus du Congrès ont approuvé hier le compte administratif 2025, qui avait été retoqué en juillet dernier. En cause, une “anomalie comptable” représentée par un reliquat de 23 milliards, en réalité déjà consommé. La somme a été reportée au travers d’un budget supplémentaire “technique” adopté à l’unanimité.
Après les émeutes de mai 2024, la Nouvelle-Calédonie avait bénéficié d’une avance de trésorerie de l’Etat. Problème, un traitement comptable avait fait apparaître dans le compte administratif 2025 (qui retrace l’exécution du budget en termes de recettes et de dépenses NDLR) un reliquat de 23 milliards de francs CFP, alors que ces sommes avaient déjà été consommées pour couvrir les besoins du territoire. Cette anomalie, explique le gouvernement, faisait donc apparaître un résultat artificiel de 23 milliards qui avait conduit le Congrès à voter une motion préjudicielle.
Un budget supplémentaire qui “neutralise” l’excédent articifiel
Le compte administratif 2025 avait donc vocation à être régularisé, tandis qu’un budget supplémentaire 2026 “purement technique” devait neutraliser le résultat artificiel en requalifiant une partie du prêt accordé par l’État en 2025 en avance de trésorerie à caractère non budgétaire. “Lorsque j’étais encore membre du Congrès”, éclaire Milakulo Tukumuli, aujourd’hui président du gouvernement, “j’ai déposé une motion préjudicielle parce qu’on n’avait pas alors de réponse de la part de l’État sur la manière dont on devait traiter cet excédent fictif. Finalement nous sommes arrivés au bout. C’était l’un des objectifs de la mission transpartisane: apporter une réponse claire à l’excédent artificiel”. Lors de la séance, Philippe Blaise, membre du gouvernement en charge notamment du budget et des finances, a confirmé que les répercussions des émeutes de 2024 “continuaient d’affecter l’économie calédonienne”, laquelle a été considérablement fragilisée avec à la clé une dégradation notable des rendements fiscaux.
“Sans le soutien de l’État, on serait morts”
En cause: le ralentissement de l’activité économique notamment dans les secteurs de la finance et des assurances, mais aussi de la construction, du commerce et des industries manufacturières. “Les recettes fiscales ont chuté de 54 milliards entre 2024 et 2025. Sans le soutien de l’Etat, qui assure 25% de la masse financière dont nous avons besoin, on serait morts”, affirme encore Philippe Blaise. Ces mesures financières exceptionnelles ont permis de maintenir le fonctionnement des institutions, et la pérennité du système social.
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I.P.


