Certains d’entre nous vont bénéficier en fin de semaine d’un pont de quatre jours à l’occasion du 24 septembre. C’est une date si particulière dans le calendrier calédonien que l’on ne sait pas quoi en faire. Elle marque officiellement la prise de possession de la Nouvelle-Calédonie au nom de l’Empire français, et elle a donné lieu pendant les décennies de la colonie à des fêtes fastueuses et dans l’esprit de l’époque. Pendant longtemps, les indépendantistes en ont fait le jour du « deuil kanak » et après Nouméa, on a tenté sans grand succès il est vrai, d’en faire la fête de la citoyenneté. Mais aujourd’hui on ne sait plus très bien s’il faut commémorer ce jour ni surtout quel sens lui donner. De fait, en faire une journée qui rassemblerait tout le monde dans un même esprit de construction, de cohésion et de développement, semblait le bon projet et beaucoup s’y sont investis, hélas mai 2024 passant par-là , cela aussi a été détruit et l’idée d’une fête commune avec ceux qui ont érigé la violence en idéologie, ne tente plus grand monde. Aussi aujourd’hui plus encore qu’hier, le 24 septembre perd de sa force et de signification comme fête de la Nouvelle-Calédonie, à tel point qu’ils sont nombreux à penser qu’il faudrait la supprimer, et faire de ce jour, un jour ordinaire.
Lucien Lacombe

