La Fifa, la Fédération internationale qui régit le football mondial, a présenté un projet de nouvelle filiale composée d’investisseurs privés. Une volonté farouchement dénoncée par les fédérations européennes mais aussi américaines.
Mardi 28 juillet, Gianni Infantino, le président de la Fifa, de plus en plus contesté au sommet du football mondial, a annoncé vouloir créer une société, la Fifa Forward Enterprise (FFE), afin de gérer les activités commerciales, l’organisation des tournois, mais aussi d’attirer en son sein des investisseurs extérieurs. « Après une Coupe du monde record en termes de recettes, l’instance qui régit le football mondial a présenté un projet de nouvelle filiale regroupant ses activités commerciales et événementielles, dont des parts seraient vendues à un groupe d’investisseurs privés. Ces derniers seraient dirigés par Joshua Kushner, le frère du gendre de Donald Trump », résume ainsi Franceinfo. Une annonce qui crée des remous dans le monde du ballon rond. En premier lieu au sein de l’UEFA, l’instance qui gère le football européen. « Ça franchit une ligne que les institutions gouvernant le football ne devraient jamais franchir », a-t-elle écrit dans un communiqué. « L’âme et la gouvernance du football ne sont pas des capitaux sur lesquels faire de la spéculation, surtout sans aucune transparence sur la destination des bénéfices financiers. Aucun d’entre nous n’est le propriétaire du football. Ce n’est pas à la Fifa de le vendre. »
Une majorité impossible ?
Et l’UEFA, ainsi que les 55 fédérations nationales qui composent l’institution, ont même menacé de boycotter les prochaines Coupes du monde si ce projet venait à aboutir. Une position également défendue par la Concacaf, qui regroupe 41 fédérations d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes, qui estime que « l’avenir du football (…) doit rester entre les mains de la famille du football ». Le projet de Gianni Infantino a donc du plomb dans l’aile alors que la Fifa avait assuré qu’elle ne se lancerait pas sans l’aval de la majorité des membres. Or, sur les 211 membres décisionnaires, 90 ont déjà pris position contre.
Claire Gaveau



