Première affectation Outre-mer pour cet officier de l’armée de l’Air et de l’Espace. À 43 ans, il prend le commandement de la Base aérienne 186 « Lieutenant Paul Klein » de Tontouta à un moment clé de son histoire, marqué par l’arrivée des hélicoptères Caracal.
Mardi matin, à la Base aérienne 186 « Lieutenant Paul Klein » de Tontouta, c’est un moment forcément particulier qui a eu lieu avec la passation de commandement : le colonel Chris Tannou succédant au colonel Alban Genre-Grandpierre. Lors de cette cérémonie présidée par le général de corps aérien Dominique Tardif, major général de l’armée de l’Air et de l’Espace, le colonel Chris Tannou a également été promu chevalier de la Légion d’honneur. Une distinction qui vient saluer son parcours au sein de l’institution militaire et accompagne sa prise de fonction à la tête de la BA 186.
Marié et père de trois enfants, Chris Tannou est entré dans l’armée de l’Air il y a vingt-trois ans. Formé à l’École de l’air et de l’espace de Salon-de-Provence, cet officier mécanicien a d’abord effectué l’essentiel de sa carrière au sein d’unités opérationnelles avant d’occuper plusieurs postes en état-major. Il a notamment commandé l’unique unité de maintenance des avions de transport A400M à Orléans avant de rejoindre la Nouvelle-Calédonie, une affectation qu’il avait placée en tête de ses souhaits. « Ce poste prend tout son sens après ces vingt-trois années de parcours. Je suis très fier d’être à la tête de cette base aérienne », confie-t-il.
Arrivé sur le territoire depuis une dizaine de jours seulement, le nouveau commandant dit avoir été particulièrement sensible à l’accueil qui lui a été réservé. « Les Calédoniens m’ont accueilli avec gentillesse », souligne-t-il, saluant les habitants, les représentants de l’État, les élus et les autorités coutumières. Pour lui, cet accueil traduit les liens étroits qui unissent les forces armées à la population.
Fédérer les équipes et donner du sens à la mission
S’il découvre un nouvel environnement, sa vision du commandement est déjà clairement définie. Au fil de l’entretien, un mot revient régulièrement dans son discours : fédérer. « Ce qui me motive, c’est de fédérer les équipes, commander et donner du sens à la mission », explique-t-il. Une philosophie qu’il entend appliquer aux quelque 200 militaires et personnels civils de la base. Marins, aviateurs et civils participent tous, selon lui, à une même mission au service du territoire.
Sa conception du commandement repose avant tout sur la cohésion. « Je suis convaincu que l’esprit d’escadrille doit primer sur tout, affirme-t-il. Je souhaite un commandement dans lequel chacun trouve sa place. Évidemment, je suis le chef, je donnerai une direction, mais je veux que chacun puisse contribuer à la réussite de la mission. »
Le colonel Tannou souhaite également poursuivre les actions engagées par son prédécesseur auprès de la jeunesse. L’an dernier, près de 1 500 jeunes ont été accueillis sur la base. Cette dynamique se poursuivra notamment avec l’organisation, à la mi-septembre, de la journée des métiers de l’aéronautique et de l’espace, destinée à faire découvrir ces professions aux lycéens et collégiens calédoniens.
Réussir la transition vers les Caracal
La prise de commandement du colonel Tannou intervient au moment où la BA 186 engage l’une des évolutions les plus importantes de ces dernières décennies. Les hélicoptères Puma, qui ont assuré pendant près de cinquante ans les missions de transport, de secours et d’assistance en Nouvelle-Calédonie, vont céder leur place aux nouveaux Caracal. Pour le nouveau commandant, l’enjeu dépasse largement l’arrivée d’un nouvel appareil. Le véritable défi consiste à assurer la transition sans interrompre les missions opérationnelles. « Il faut former nos équipages, former nos mécaniciens, tout en maintenant l’alerte opérationnelle jusqu’au départ des Puma dans les prochaines semaines », explique-t-il.
Une période délicate puisque la base doit continuer à garantir, de jour comme de nuit, sa capacité à intervenir rapidement pour les évacuations sanitaires, les opérations de recherche et de sauvetage ou encore les missions de protection du territoire.
Un bond technologique au service des missions
Pour le colonel Tannou, le Caracal ne constitue pas un simple remplacement du Puma. « Il va être un ‘’game changer’’ pour les Forces armées de la Nouvelle-Calédonie », estime-t-il. Mis en service au milieu des années 2000, l’appareil offre une autonomie supérieure, vole plus vite, transporte davantage de personnel ou de matériel et dispose d’équipements de dernière génération. Il améliore notamment les capacités de recherche et de sauvetage grâce à une avionique plus performante.
Jusqu’à présent, un Puma devait par exemple faire escale à Koumac pour se ravitailler avant de rejoindre Bélep. Désormais, le Caracal pourra effectuer ce trajet directement tout en conservant suffisamment d’autonomie pour intervenir sur place. À plus long terme, le colonel évoque aussi les possibilités offertes par le couple A400M-Caracal, l’hélicoptère pouvant être transporté à bord d’un avion de transport stratégique puis rapidement déployé dans une zone touchée par une catastrophe naturelle.
Une base au cœur des missions des FANC
Avec ses deux CASA CN-235 de l’armée de l’Air et de l’Espace, ses deux Caracal et le Falcon 200 Gardian de la Marine nationale, la Base aérienne 186 « Lieutenant Paul Klein » constitue un maillon essentiel du dispositif des Forces armées de Nouvelle-Calédonie. Placée sous l’autorité opérationnelle du général Gabriel Soubrier, commandant supérieur des FANC, elle assure quotidiennement des missions de souveraineté, de secours, de surveillance et d’assistance aux populations.
Une nouvelle étape s’ouvre donc pour la BA 186, avec une ligne directrice claire pour son nouveau commandant : faire en sorte que chaque militaire et chaque personnel civil trouve pleinement sa place dans cette nouvelle histoire.
Une double passation
La cérémonie a également été marquée par une seconde passation de commandement. L’Escadron de transport 52, installé sur la base aérienne 186, a officiellement accueilli son nouveau commandant. Le commandant François succède au commandant Antoine, après trois années passées en Nouvelle-Calédonie, dont une année à la tête de cette unité qui célèbre ses 50 ans. Une transition également présidée par le général Dominique Tardif, numéro deux de l’armée de l’Air et de l’Espace, venu assister à ces deux changements de commandement. Le commandant Antoine aura notamment vécu la période des émeutes de 2024 avant de rejoindre prochainement le Centre d’instruction des équipages de transport à Orléans-Bricy.
Delphine Escanes



