Docteur en pharmacie, fondateur et président de l’Association de soutien au droit de mourir dans la dignité (ASDMD) en Nouvelle-Calédonie, Jean-Paul Belhomme répond à nos questions.
Que représente pour vous la proposition de loi sur l’aide à mourir ?
C’est un progrès important et une vraie avancée. Depuis la loi de 2016, il n’y a pas eu d’évolution majeure sur le sujet. Depuis la création de notre association en 2005, nous avons mené des actions auprès des gouvernements successifs, provoqué des rencontres et suivi l’application concrète des différents textes en Nouvelle-Calédonie. À l’échelle du territoire, nous avons aujourd’hui le sentiment que notre message est écouté et pris en compte.
Le texte défendu par l’Assemblée nationale répond-il à vos attentes ?
Pas totalement. À notre sens, les restrictions sont trop importantes. Elles concernent notamment certaines personnes atteintes de maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson ou encore la maladie de Charcot. À un stade avancé, un malade peut ne plus être en mesure de manifester sa volonté, alors que le texte prévoit qu’il doit pouvoir exprimer une décision libre et éclairée. De plus, plusieurs autres conditions doivent être réunies. Nous craignons donc que le dispositif ne concerne finalement qu’un nombre assez limité de personnes.
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Propos recueillis par Ide de la Rochebrochard



