Nous avons déjà dit que les élections du 28 juin avaient été la réponse politique à l’insurrection du 13 mai, et chaque jour, les faits donnent raison à cette hypothèse. C’est cette logique qui a fait que Pascal Sawa, vainqueur en nombre de suffrages et de sièges, a vu la province Nord lui passer sous le nez. Cette même logique qui pourrait conduire les indépendantistes du FLNKS à demeurer 5 ans dans l’opposition, ayant perdu la majorité au Congrès comme au gouvernement. Des indépendantistes à qui le 13 mai a coûté l’union et la cohérence, et qui ne sont plus divisés, mais éparpillés. La mouvance indépendantiste est devenue un maelstrom au sein duquel croissent les rancunes et les reproches, et planent les aigreurs, tel est le résultat de la violence des émeutes, qui outre les morts et les destructions, n’auront pas apporté kanaky contrairement à ce sur quoi s’étaient engagés les leaders. Alors au Congrès comme au gouvernement, les indépendantistes n’iront pas unis, et l’on doute de leur capacité à reformer un ensemble audible et cohérent. Et c’est aussi cette logique qui a conduit l’Éveil océanien à franchir un cap majeur dans cet accord de gouvernance qui doit nous sortir de l’ornière et nous offrir des perspectives. Et pendant ce temps, le centre, toujours un peu groggy de son échec, s’entredéchire, confirmant par là -même qu’il n’était ni une option ni une alternative.
Nicolas Vignoles



