Un contrôle des douanes, mené sur la RP4 à Boulouparis, a permis de remonter le fil d’un réseau de stupéfiants.
Comment un simple contrôle routier a conduit au démantèlement d’un vaste réseau de stupéfiant ? Le 22 mai dernier, lors d’une opération des douanes sur la RP4, au niveau de Boulouparis, un couple qui se rendait à un festival électro à Thio a été contrôlé avec différents stupéfiants. La femme avait en effet inséré dans son vagin un préservatif à l’intérieur duquel se trouvait un gramme de MDMA, un gramme de kétamine, un gramme et demi de cocaïne ainsi que cinq buvards de LSD. Les autorités ont alors mené des perquisitions au domicile de la jeune femme, où sept grammes de cannabis ont été retrouvés, mais aussi au domicile de son ami, également présent à bord de l’habitacle, où 18 grammes de cannabis ont été découverts.
De fil en aiguille
C’est le point de départ d’une vaste enquête qui va permettre de remonter le fil jusqu’au principal fournisseur. La femme mise en cause, âgée de 41 ans, a notamment avoué qu’elle avait récupéré la drogue grâce à son ex-concubin. Ce dernier est alors interpellé le 24 mai dernier. La perquisition opérée dans ses deux habitations, à Nouméa et à Auteuil, permet de nouvelles découvertes de cocaïne, mais aussi une culture indoor de cannabis. Ce second mis en cause, âgé de 44 ans, également consommateur de stupéfiants, a alors indiqué se fournir, « pour sa consommation personnelle », auprès d’un individu à Nouméa. Un fournisseur qui se fournissait lui-même auprès d’un autre individu domicilié dans le quartier de Tuband. Et, le 26 mai dernier, un vaste dispositif de sécurité a été déployé, avec le concours du Raid et de la Bac, afin de procéder à l’interpellation de ce dernier qui était « déjà condamné pour des faits de trafics de stupéfiants » et qui était également « manifestement bien identifié dans le quartier sur son profil de dealer ». « Absent à son domicile, ce dernier était localisé, grâce à une minutieuse enquête de voisinage, dans une autre habitation où les enquêteurs saisissaient 237 grammes de cocaïne et la somme en numéraire de 1 821 000 francs », détaille Yves Dupas.
Placé en garde à vue, le fournisseur principal a admis les faits, reconnaissant avoir mené un trafic de drogues depuis le début du mois de mars.
Jusqu’à 18 mois de prison
Les quatre auteurs présumés ont comparu devant le tribunal correctionnel dans le cadre d’une procédure sur reconnaissance préalable de culpabilité. La femme a été condamnée à une peine de 8 mois d’emprisonnement assorti d’un sursis probatoire durant deux ans. Son ex-concubin, pour qui aucune cession de produits n’a été démontrée, une peine de 12 mois d’emprisonnement, dont 6 mois assortis d’un sursis probatoire, a été prononcée (peine aménagée sous bracelet électronique). Pour le premier fournisseur, prévenu des chefs d’usage de stupéfiants en récidive légale, acquisition, détention, transport et offre ou cession en récidive légale, une peine de peine de 15 mois d’emprisonnement, dont 6 mois assortis d’un sursis probatoire, a été prononcée (peine aménagée sous bracelet électronique). Enfin, concernant le fournisseur principal, le tribunal s’est montré ferme en prononçant une peine de 18 mois d’emprisonnement assortie d’une incarcération immédiate, d’une amende délictuelle de 300 000 francs et de la confiscation de la somme de 1 821 000 francs provenant du trafic.
C.G.



