Trois élus issus des groupes UC-FLNKS et Nationalistes et UNI au Congrès ont déposé, vendredi, une proposition de vœu « demandant le maintien des vols domestiques d’Air Calédonie à l’aéroport de Nouméa-Magenta ». Une initiative sur fond de blocage, depuis une semaine, des aérodromes des îles par des collectifs d’usagers.
Une semaine. C’est la période écoulée depuis le transfert d’Air Calédonie à Tontouta, lundi dernier 2 mars, et le début des blocages des aérodromes des îles par des collectifs d’usagers. Ce déménagement annoncé de longue date et préparé par le gouvernement au travers notamment d’un groupe de travail doit permettre, selon l’exécutif, la réalisation d’un demi-milliard d’économies. Mais avec les blocages qui perdurent, les avions d’Aircal restent cloués au sol et la trésorerie de la compagnie s’amenuise au point que son directeur général Daniel Hombouy a prévenu la semaine dernière que cette situation pourrait rapidement « précipiter la faillite de la Nouvelle-Calédonie ». C’est dans ce contexte que deux élus de l’UC-FLNKS et Nationalistes, Omayra Naisseline et Pierre-Chanel Tutugoro et une élue UNI, Inès Kouathé, ont déposé vendredi dernier sur le bureau du Congrès une proposition de vœu « demandant le maintien des vols domestiques d’Air Calédonie à l’aéroport de Nouméa-Magenta ».
Une première demande de l’UC pour une suspension du projet
Dimanche 1er mars, l’Union calédonienne avait déjà demandé à l’exécutif, au travers d’un communiqué signé de son secrétaire général Dominique Fochi, de surseoir au transfert de la compagnie à Tontouta. Cette proposition de vœu lui fait écho et insiste sur les conséquences du transfert pour les usagers : « allongement significatif des temps de trajet, coûts supplémentaires liés au transport terrestre et au stationnement, ainsi qu’une hausse du prix des billets, notamment pour la destination de l’île des Pins ». Les trois élus qui l’ont déposé disent craindre des « conséquences économiques et sociales importantes » et une fragilisation du dispositif de continuité territoriale. Le blocage des aérodromes des îles « aggrave », indiquent-ils, « la situation sanitaire des populations en compromettant l’accès aux soins essentiels, l’acheminement rapide des médicaments et la réalisation d’analyses médicales », et met en danger la survie de la compagnie.
« Engager un dialogue constructif »
Enfin, Omayra Naisseline, Pierre-Chanel Tutugoro et Inès Kouathé relèvent les difficultés du secteur du transport maritime « en raison du vieillissement du seul navire en service, le Betico 2 », dont la desserte d’Ouvéa de cette semaine a précisément été annulée hier en raison d’un « incident technique ». Le vœu déposé vendredi au Congrès par les trois élus demande au gouvernement de « réexaminer sa décision, d’engager un dialogue constructif avec l’ensemble des parties prenantes et d’étudier les solutions permettant de préserver l’accessibilité et l’équilibre territorial ». Après la chute du nombre de ses passagers à la suite des émeutes de 2024, Aircal avait déjà dû licencier 50% de sa masse salariale, soit 155 employés.
I.P.



