FLNKS, rupture consommée

Par visioconférence, une bilatérale a eu lieu vendredi soir entre le FLNKS et la ministre des Outre-mer. Et à l’évidence, ça ne s’est pas passé comme le FLNKS le souhaitait, aussi tempête-t-il et menace.

« L’État, nous dit un communiqué signé de Laurie Humuni, portera seul la responsabilité politique, historique et morale des conséquences de ses manœuvres jusqu’au-boutistes ». Le ton est ainsi donné. Au terme de cette visioconférence, Naïma Moutchou, la ministre des Outre-mer est accusée de refuser « d’entendre la voix du FLNKS, d’admettre la réalité du pays et de respecter les principes du droit international qui encadrent le processus de décolonisation ». C’est l’annonce par la ministre de l’organisation l’an prochain d’une consultation citoyenne sur l’accord de Bougival qui suscite une nouvelle fois l’ire du FLNKS. « L’État français, écrit-il, s’obstine en organisant une consultation improvisée, juridiquement bancale et dénuée de toute légitimité démocratique. » Et le gouvernement est accusé de vouloir remettre le feu aux poudres : « En fabriquant à la hâte un dispositif destiné à imposer le projet d’accord de Bougival sans consensus, l’État s’écarte gravement de l’État de droit et instaure une instabilité durable dans notre pays ». 

Seul le peuple kanak

La ministre, qui a affirmé ne pas vouloir faire sans le FLNKS, mais que ce dernier ne pouvait pas faire sans les autres, a aussi assuré « qu’aucune formation politique n’a de droit de véto ». Dans ces conditions, dit le communiqué, c’est nier « la légitimité du FLNKS. La ministre ignore délibérément la réalité historique du pays qui est la suivante : la Kanaky-Nouvelle-Calédonie est engagée dans un processus de décolonisation reconnu par l’ONU, le peuple kanak est le seul détenteur du droit inaliénable à l’autodétermination ; et aucune solution durable n’est possible sans le FLNKS. C’est une négation pure et simple du fait colonial et de son histoire. » Parce que le gouvernement, par la voix de Naïma Moutchou, entend avancer sur le processus de Bougival et demeurer ferme, la ministre se voit accusée de réactiver « une logique de domination qui structure depuis trop longtemps les relations entre Paris et le peuple kanak et reconduit les mêmes pratiques coloniales qui caractérisent l’État français ». 

Bougival : un nouvel élément sur la table

Le communiqué s’accompagne de nouvelle menaces, car, est-il précisé, « imposer aujourd’hui un projet d’accord sans consensus revient à nier les fondements mêmes du vivre-ensemble construit depuis quarante ans et à exposer le pays à de nouvelles tensions ». Si le FLNKS assure continuer « de croire qu’un dialogue sincère reste possible, mais uniquement dans le cadre politique fixé depuis plus de quarante ans, dans la continuité du processus engagé par l’Accord de Nouméa signé en 1998, par le FLNKS, le RPCR et l’État français », il maintient totalement ses positions, à savoir le rejet de Bougival, expliquant que « notre voie est claire et reste inchangée : l’indépendance de la Kanaky–Nouvelle-Calédonie, accompagnée de la négociation de partenariats à construire avec la France, fondés sur la gestion concertée de nos interdépendances ». 

N.V. 

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