Le 13 mai 2024, la société Le Froid a tout perdu ou presque, mais pas sa volonté. Dix-sept mois après les émeutes qui ont réduit en cendres son usine de Montravel, l’entreprise emblématique de la production locale – du Coca-Cola à la bière Manta en passant par le Tulem – survit grâce à des partenariats régionaux, en attendant sa reconstruction. Une mission dont est pleinement investi son président, Christophe Badda. Il nous explique les obstacles à surmonter et l’élan qui l’anime dans ce projet.
Vous êtes président de Le Froid depuis neuf mois. Pourquoi avoir accepté une telle mission ? Étiez-vous déjà dans la société ?
J’ai travaillé avec Le Froid par le passé à plusieurs reprises, mais sans en faire partie. Et si j’ai accepté, c’est parce qu’on vit un moment économique très particulier. Depuis 2010, tous les grands paramètres économiques sont passés à la baisse. Et par-dessus cela, les émeutes ont achevé l’économie calédonienne. Le PIB n’a reculé “que” de 10-15 %, mais uniquement parce que l’État a massivement soutenu le territoire. Sans cela, on aurait connu un véritable effondrement : plus d’électricité, plus de services publics…… un “collapse” comparable à une décompensation médicale où tous les organes lâchent les uns après les autres. Malgré tout, beaucoup ici — et c’est pour cela que je suis là — sont convaincus que le rebond est possible. C’est quelque chose d’assez viscéral, plus que rationnel, mais on y croit. L’histoire montre qu’un territoire peut renaître, à condition de lever les contraintes qui l’ont fait tomber et d’investir intelligemment. Sous conditions, le rebond est absolument possible. Il peut même amener une croissance plus forte que celle qui existait avant. C’est ce qu’a vécu la France après la Seconde Guerre mondiale, toutes proportions gardées. Le Froid peut reconstruire et c’est pour cela que j’ai été engagé.
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Propos recueillis par Béryl Ziegler



