Durant son séjour calédonien, et à plusieurs reprises à Paris, Manuel Valls s’est alarmé de l’ingérence azerbaïdjanaise en Nouvelle-Calédonie. Il n’a sans doute pas été entendu…
Cette ingérence se manifeste notamment sur les réseaux sociaux au travers notamment du Groupe d’initiative de Bakou (GIB). La dernière action en date du GIB concernant la Nouvelle-Calédonie est la publication d’un post en date du 14 mars et qui diffuse un clip de rap intitulé « liberté ou mort ». C’est un florilège de propos racistes et haineux qui appellent à la violence. « Nous on est debout et armés, prêt à faire trembler leur monde », peut-on ainsi entendre dans ce clip. Il est encore dit « Nouvelle-Calédonie, lève le poing, c’est l’heure de frapper. Pas de retour, pas de pardon, c’est maintenant ou jamais. Brûle leurs lois, brûle leur règne, impose ton drapeau, c’est nous ou eux. Liberté ou zéro. Kanak réveille-toi, ton peuple t’appelle au combat, on est des guerriers pas des esclaves, on ne pliera plus jamais devant l’État. Nos ancêtres ont résisté, leur sang coule dans nos veines. Ils ont souffert pour notre liberté, on leur doit la haine ». Et tout au long des deux minutes que dure cet appel au meurtre, tout est à l’encan. La publication de cette vidéo sur Facebook, relayée par nombre de pages indépendantistes a fait réagir.
Plainte déposée
C’est ainsi que Sonia Backes, en tant que citoyenne, présidente de la province Sud et représentante du groupe politique les Loyalistes a déposé une plainte contre l’auteur du clip et ceux qui l’ont hébergé. La plainte porte entre autres sur provocation directe à la rébellion, provocation à la haine ou à la violence en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou religion par parole, écrit, image ou moyen de communication au public par voie électronique, apologie publique d’un acte de terrorisme commise au moyen d’un service de communication au public en ligne. Un dossier important dans le contexte actuel et après les déclarations de Manuel Valls indiquant que la France ne resterait pas sans réagir.
Persiste et signe
Ce 14 mars toujours, Abbas Abbasov, directeur exécutif du Groupe d’initiative de Bakou, s’exprimait devant la 58e session du Conseil des droits de l’Homme de l’Organisation des nations unies (ONU), à Genève en Suisse. Une session au cours de laquelle il était question des droits de l’enfant. L’occasion était trop belle pour Abbasov qui, selon la page Facebook du GIB, « a condamné les violations persistantes des droits des enfants dans les territoires sous domination coloniale française, notamment en Kanaky, en Guadeloupe, en Martinique, en Polynésie française, à Mayotte, à La Réunion, en Corse et en Guyane, en citant des statistiques alarmantes ». Il a assuré que « ces violations persistent » et il a « exigé une intervention urgente de toutes les parties concernées ».
Nicolas Vignoles