Les audiences du tribunal au cours desquelles des émeutiers comparaissent, s’enchaînent à un rythme soutenu. Cela permet, à la justice comme à l’opinion, de voir et comprendre qui sont ceux-là qui détruisent, volent, pillent, agressent ou blessent. Il n’y a pas de portrait type, mais un conglomérat d’individus qui, bien souvent, se défendent de s’être trouvés là « par hasard ». Mais globalement, ils ont moins de 40 ans, sont souvent insérés dans la vie en étant salariés ou étudiants, même si d’autres présentent des casiers judiciaires longs comme le bras.
Ce qui est surtout choquant et suffocant, c’est que dans la plupart des cas, aux questions que la justice leur pose, ils n’ont qu’une idée très parcellaire, pour ne pas dire inexistante, des raisons politiques qui les ont poussés à mener les actions qui les conduisent à la barre. « Ici, c’est kanaky » (ce qui sous-tend le rejet de tout ce qui n’est pas kanak), est donc le seul moteur de tous ces gens qui en un mois ont jeté à terre la Calédonie. N’allons pas croire dans ces conditions, que la CCAT ne manipule que des esprits simples ou des désœuvrés. La justice les sanctionne, mais les changera-t-elle ? Clairement, on peut craindre que non.
Nicolas Vignoles



