Lors de la présentation de l’ouvrage « Le patrimoine de Nouvelle-Calédonie », un des éminents auteurs a fait cette réflexion selon laquelle il était dommage qu’un tel livre essentiel ait été initié et financé par une Fondation, émanant d’un groupe privé dont le siège est en Martinique, et qu’il ne fut pas l’œuvre de la Nouvelle-Calédonie. Il fut applaudi. Dommage en effet, mais tellement révélateur de l’idée que la Nouvelle-Calédonie se fait de la culture et de la connaissance. Il est pourtant notable que l’art, la culture, le patrimoine participent à l’élévation d’une société et en particulier de sa part la plus jeune. Pourtant, les budgets qui y sont consacrés sont toujours ratiocinés, pour ne pas dire ratiboisés, alors même que l’on devrait en la matière fournir des efforts conséquents. Si l’on ne comprend pas que développer le secteur culturel n’est jamais de l’argent jeté par les fenêtres, mais un investissement sur le long terme en matière de reconnaissance de l’autre, de diversité et d’identité, c’est que l’on ne comprend rien à rien. Le patrimoine, dans ce qu’il réclame d’être protégé, connu et diffusé, est aussi une manière de concilier toutes les histoires, ce dont la Nouvelle-Calédonie, surtout en ce moment, a fichtrement besoin.
Nicolas Vignoles



