Est-ce l’échec des mobilisations contre la vie chère menées il y a près de dix ans maintenant, qui fait que les syndicats se montrent désormais plutôt circonspects ? A l’exception notable de l’USTKE, tous tiennent plus que tout à ne pas mélanger politique et syndicalisme, dans un pays où finalement tout est politique, surtout l’économie et le social. Cette noble attitude les plonge cependant à observer trop souvent un silence tonitruant. Dans cette période où rien ne fonctionne, on pourrait attendre des syndicats, dont la défense des salariés et des employés est la charge, des prises de position plus fortes et nettes. Or, ils font paraître un certain embarras sur les sujets du moment, à commencer par le nickel, mais qui s’étend à la CLR, la CAFAT, Enercal, le Ruamm, la fiscalité et tant d’autres, qui impactent pourtant en premier chef les Calédoniens, et en particulier les plus démunis. Beaucoup s’étonnent donc des réactions mesurées et plus que pondérées, adoptées par nos syndicats, à une heure où tout s’effondre autour de nous et plonge salariés et employés dans le désarroi.
Nicolas Vignoles



