Jusque-là , au niveau politique, peu de 13 avril ont marqué l’Histoire avec un grand H. L’une des dernières fois, c’était en 1975, avec un coup d’État au Tchad et le début de la guerre civile au Liban. Quarante-neuf ans plus tard, ceux présents samedi ont certainement l’impression d’avoir participé à un jour majeur, qu’ils ne sont pas prêts d’oublier.
Le 13 avril, c’est aussi la date d’anniversaire de Brigitte Macron. On imagine que son mari de président avait autre chose de mieux à faire (qui plus est plus avec l’attaque de l’Iran sur Israël) que d’écouter les discours du camp indépendantiste, notamment celui d’un Roch Wamytan offensif à son encontre.
C’est un 13 avril, aussi, qu’est né Garry Kasparov, treize fois champion du monde d’échecs. Nul doute que son expertise pourrait être utile aux deux camps politiques se faisant face en Calédonie, avançant un à un leurs pions, faisant parfois les fous, en tentant de faire bouger le roi. Également du signe du bélier : Samuel Beckett. « Essayons de converser sans nous exalter, puisque nous sommes incapables de nous taire », écrivait l’auteur irlandais. Qui ajoutait : « Ne disons pas de mal de notre époque, elle n’est pas plus malheureuse que les précédentes. N’en disons pas de bien non plus. N’en parlons pas. » Parions pourtant que ce 13 avril 2024 dans les rues de Nouméa, on en parlera et reparlera longtemps. Entre un sixième (selon la police) et un tiers (d’après les organisateurs) de la population calédonienne réunie pour marcher (et protester, chanter, danser) en centre-ville, ça n’arrive pas tous les samedis. Heureusement, doit se dire l’État, car une journée comme celui-ci n’arrange pas ses finances : environ 700 forces de l’ordre ont été mobilisées.
Anthony Fillet



