“How did you find New Caledonia ?”, aurait-on demandé aux croisièristes australiens qui hier, avaient débarqué, qu’ils nous auraient sans doute répondu : « colored » ! Parce qu’il y en avait de la couleur hier dans les rues ! Du bleu, du blanc, du rouge, du vert, du jaune, du noir, pas ensemble mais séparément (comme quoi, les deux drapeaux…), mais ça créait de l’ambiance. Et si l’on en croit les chiffres officiels, il y avait autant de monde chez les uns que chez les autres. Cette « égalité » pourrait en satisfaire certains, si elle ne manifestait pas hélas, le face à face que l’on craignait et qui est en passe de se réaliser. Quant à « deux couleurs, un seul peuple », cela relève davantage du mythe que de la réalité. Nous en sommes donc là, à battre le pavé en voyant tout autour de nous, les pans de nos murs s’effondrer. Et nous en sommes là à nous demander ce qui a bien pu se passer pour que, les uns à côté des autres, mais tellement éloignés, nous exprimions des colères différentes, dont on ne mesure pas les conséquences. Car maintenant que nous avons brandi nos drapeaux, et fait voler nos couleurs dans le ciel calédonien : que fait-on ?
Nicolas Vignoles



