Certains, y compris parmi les syndicats, n’y croyaient pas, mais nous sommes tous obligés d’en convenir : une de nos 3 usines peut donc stopper son activité et se mettre en sommeil. Sonnés et abasourdis nous essayons de mesurer les conséquences de cette décision et de comprendre ce qui a bien pu se passer. Que n’avons-nous répété toutes ces décennies que nous étions assis sur un tas d’or, et que la prospérité de la Nouvelle-Calédonie serait assurée pour des années par ce nickel que traitaient 3 usines métallurgiques. Certains avaient même imaginé que le nickel financerait l’indépendance ! Et vous voilà tous ébaubis devant l’ampleur de ce qui se profile comme un échec aux conséquences désastreuses. C’est le dur retour à une réalité dont nous n’avons certainement pas mesuré les dimensions : le nickel, métal rare et précieux, a suscité tant d’appétit que nous n’avons pas cru en la concurrence des pays émergents, et nous avons laissé filer. D’autant que dans le même temps, à défaut d’être concurrentiels, nous n’étions pas non plus productifs. Souvenons de cette adresse de Gérald Darmanin s’étonnant que le nickel fonctionnât partout dans le monde, sauf en Nouvelle-Calédonie.
Nicolas Vignoles



