Une saison cyclonique sous l’influence d’El Niño

Hier matin les services du Météo France Nouvelle-Calédonie et de la Direction de la Sécurité Civile et de la Gestion des Risques (DSCGR) ont présenté ce que pourrait être la saison cyclonique 2023-2024 pour la Nouvelle-Calédonie.

Sous l’effet d’El Niño, qui est cette fois-ci bien installé sur le bassin pacifique, les prévisionnistes du centre Météo France de Nouméa expliquent que la saison cyclonique devrait débuter plus tôt dans l’année et se terminer plus tard. Elle devrait également être un peu moins active que sous l’influence de la Niña avec moins de phénomènes sur notre zone de surveillance, mais des phénomènes plus intenses. Parmi les 20 cyclones les plus forts relevés sur le Pacifique sud-ouest, 14 ont eu lieu pendant des saisons El Niño, parmi ceux-ci Erica qui avait touché la Nouvelle-Calédonie en mars 2003. Sous l’effet d’El Niño, qui atteint le stade de forte intensité, les eaux chaudes de l’océan, propices à la formation des cyclones, se « décalent » vers l’est du bassin pacifique. L’activité cyclonique est donc plus étendue sur l’ensemble du Pacifique, alors que pendant les phases La Nina, elle se concentre à l’extrême ouest du bassin c’est-à-dire plus près de la Nouvelle-Calédonie. Toutefois, le risque de survenue d’un phénomène cyclonique majeur sur la Nouvelle-Calédonie reste entier. Les services du centre Météo France de Nouméa insistent sur le fait qu’il n’y a pas que les cyclones intenses qui peuvent produire de très gros dégâts. On se souvient des conséquences importantes sur toute la Nouvelle-Calédonie, provoquées par le passage des dépressions tropicales modérées Vania en 2011 et Lucas en 2021.

De la préalerte à la phase de sauvegarde

En ce début de saison cyclonique, il n’est pas inutile de rappeler le fonctionnement du système d’alerte cyclonique mis en place par la DSCGR, la Direction de la Sécurité Civile et de la Gestion des Risques. Le premier niveau est la préalerte cyclonique. « Elle est déclenchée sur l’ensemble du territoire lorsqu’un phénomène tropical au moins classé au niveau de dépression tropicale forte entre dans notre zone de surveillance météorologique, explique le Lieutenant Manon Brasseur de la DSCGR. La préalerte est suivie le cas échéant par le déclenchement de l’alerte 1 (moins de 18h avant le passage du phénomène) puis si nécessaire de l’alerte 2 (moins de 6h avant le passage du phénomène). Si la préalerte concerne systématiquement l’ensemble du territoire, les alertes 1 et 2 peuvent être déclenchées par zone géographique. Vient ensuite la phase de sauvegarde, déclenchée après le passage du phénomène pour permettre aux services de secours de constater l’étendue des dégâts. Pendant cette phase, il est demandé à la population de limiter ses déplacements pour que les secours puissent intervenir le plus vite possible ». Toutes les informations concernant les niveaux d’alertes et les consignes de sécurité qui y sont associées sont disponibles sur internet : www.securite-civile.gouv.nc.

Le BAC et le BIC pour suivre l’activité cyclonique

Depuis quelques années maintenant le centre Météo France de Nouméa propose sur son site internet (www.meteo.nc) deux types de bulletin d’information. Ils permettent au grand public de pouvoir se tenir informé de l’activité cyclonique sur notre bassin. Il y a tout d’abord le Bulletin d’Activité Cyclonique (BAC) « ce bulletin va donner l’idée de ce qui va se passer dans les sept prochains jours avec un idée du risque que l’on prévoit, explique Patrick Simon, responsable de la division prévision. Ce bulletin donne d’abord les phénomènes existants sur notre bassin, et précise sur une temporisation de 2 ou 5 jours la probabilité de création d’une dépression tropicale modérée ». Le BAC est rédigé tous les jours avant 15h et disponible en ligne à la mi-journée lorsqu’il n’y a pas d’alerte cyclonique. Lorsqu’un phénomène cyclonique (dépression ou cyclone) entre dans le carré de surveillance des services de Météo France, c’est le Bulletin d’Information Cyclone qui est rédigé. « Ce bulletin donne d’abord des indications générales sur le phénomène en cours, explique encore Patrick Simon, il propose également une carte de trajectoire, et de nombreuses données sur les vents et sur l’évolution du phénomène ». Le BIC est rédigé et mis en ligne toutes les 12h (vers 9h et 20h) pour les dépressions modérées, toutes les 6h (vers 2h, 8h, 14h et 20h) pour une dépression tropicale forte ou un cyclone et toutes les 3h à partir du moment où l’alerte 2 est déclenchée.

Lionel Sabot

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