Il y a 105 ans, le clairon Sellier lançait dans le ciel les premiers accords du « cessez-le-feu », repris sur tout le front, de la Suisse à la mer du Nord. Ainsi prenaient fin quatre ans d’une guerre qui avait fait pour la France 1 397 000 de morts et plus de 4 millions de blessés. Ferdinand Foch pouvait écrire aux poilus : « vous avez gagné la plus grande bataille de l’Histoire et sauvé la cause la plus sacrée : la liberté du monde. Soyez fiers. D’une gloire immortelle vous avez paré vos drapeaux. La postérité vous garde sa reconnaissance. » Et c’est nous, la postérité, pas seulement les quelques-uns qui se réuniront aujourd’hui et demain au pied des monuments aux morts. Qu’avons-nous donc fait du souvenir de tous ceux-là qui quittèrent tout, leur tribu comme leur village, pour aller défendre loin de chez eux un idéal auquel ils croyaient et qui méritaient d’être défendu ? Quel idéal aujourd’hui serions-nous prêts à défendre comme l’ont fait nos vieux ? C’est aussi à ce dilemme et à cette interrogation que nous convie la postérité, dans une société qui a renié bien des valeurs et abandonné tant d’idéaux. Ceux de 14 méritent que l’on ne les oublie pas, peut-être même nous indiquent-ils encore qu’il y a encore des combats à mener au nom de la liberté.
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