Plus d’un an après les émeutes, les indemnisations tardent encore à se concrétiser pour de nombreuses entreprises et particuliers calédoniens. Entre retards, choix difficiles et fragilisation du modèle assurantiel, la situation reste préoccupante. Si une partie des sinistrés a déjà reçu une ou des première(s) indemnité(s), les blocages révèlent un enjeu plus large : inventer un système capable d’absorber, à l’avenir, de tels chocs.
Selon le Comité des sociétés d’assurances de Nouvelle-Calédonie, aussi appelé le Cosoda, au 30 juin 2025, 3 590 dossiers de sinistres liés directement aux émeutes de mai 2024 ont été enregistrés : 1 750 concernent des dommages aux biens professionnels, 1 560 touchent l’automobile et 280 les biens des particuliers. Le Cosoda indique que 85 % des sinistres déclarés ont fait l’objet d’un versement total ou partiel pour un montant de près de 600 millions d’euros (71,6 milliards de francs), et détaille avoir enregistré une forte accélération sur les trois derniers mois avec 16 millions d’euros (1,9 milliard de francs) d’indemnités versées sur le mois de juin 2025 et 30 millions d’euros (3,6 milliards de francs) sur les mois de juillet et d’août 2025.
Plus des deux tiers des dossiers enregistrés ont nécessité une expertise préalable, ce qui explique en partie la lenteur du processus de remboursement. En effet, 95 % des coûts estimés concernant les dommages aux professionnels, lesquels nécessitent souvent des études plus complexes et plus coûteuses, les besoins en expertise étaient nombreux. À ce jour et sans compter l’indemnisation au titre de la garantie « pertes d’exploitations », laquelle intervient dans un second temps, le Cosoda avance un taux d’indemnisation des dommages aux biens des professionnels de 84%.
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