Très discret pour ne pas dire absent durant la campagne électorale des provinciales, le président de l’Union calédonienne, Emmanuel Tjibaou revient sur le devant de la scène, au travers d’un communiqué.
Un long texte pour dresser le bilan et évoquer l’avenir de l’UC et de l’indépendance, une manière également d’expliquer aux militants que tout ne s’est pas passé comme l’UC l’espérait. En effet, au terme de ces provinciales, le mouvement indépendantiste est divisé et l’Union calédonienne ne conserve que la présidence de la province Îles, obtenue avec une abstention record de 45%. Alors l’UC, qui s’affirme comme « premier parti politique de Nouvelle-Calédonie et première force indépendantiste », remercie les militants qui, dit le texte « ont tenu ». Selon le président, « cette ténacité démontre l’ancrage profond de notre projet auprès des Calédoniens, du peuple kanak et des forces progressives attachées à l’histoire, aux valeurs et à l’émancipation de ce pays ». L’UC affirme vouloir assumer la responsabilité confiée par ses électeurs de « porter leur voix dans toutes les institutions », et dans ce cadre, toujours selon Emmanuel Tjibaou, l’UC constituera sur « les trois provinces une opposition exigeante, force de proposition constructive et pilier de la marche vers la décolonisation ».
Une stabilité de façade ?
L’UC évoque bien sûr la nouvelle donne politique issue de l’accord de gouvernance passé entre les Loyalistes, le Rassemblement et l’Eveil océanien et dit en prendre acte. « Chacun assume ses choix devant les Calédoniens, écrit le député Tjibaou. Nous, nous assumons le nôtre : représenter fidèlement le mandat reçu, sans compromission sur les principes de notre mouvement ». Dans la foulée, mais sans faire mention d’éventuelles futures négociations, et tout en déclarant ne choisir « ni l’amertume ni le repli » mais « la responsabilité », l’UC réaffirme « qu’aucune stabilité ne se construira sans les représentants du peuple kanak autour de la table ». Et une nouvelle fois, le parti indépendantiste précise que « nous sommes prêts à reconstruire un dialogue sincère, sur la base de la vérité, de la justice et du respect mutuel. C’est à cette seule condition que le destin commun aura un sens ». Cela étant, l’UC assure qu’elle « sera à la hauteur de son histoire » tout en restant « vigilante, déterminée et tournée vers l’avenir de tous les Calédoniens ». Ces derniers, selon le parti, seront d’ailleurs « les seuls juges de la pertinence de nos engagements sur cette mandature d’exception au-delà d’une stabilité politique de façade ».
Légende : Emmanuel Tjibaou, l’actuel président de l’Union calédonienne.
Nicolas Vignoles



