Depuis les dernières législatives au cours desquelles Emmanuel Tjibaou s’était facilement défait d’Alcide Ponga, notamment dans le Nord, les indépendantistes étaient convaincus que le vent était en train de tourner et que la victoire en chantant leur ouvrait enfin la barrière. Las, tout n’était donc qu’illusion. Pour l’UC-FLNKS, les municipales furent davantage les ides de mars que la voie du triomphe, et le scrutin du 28 juin a enfoncé le clou. Outre une abstention records chez les indépendantistes, l’Union calédonienne ne conserve finalement que les îles au terme d’une campagne et d’un scrutin qui n’ont eu pour elle, rien de très glorieux. L’UC s’explique maintenant et cherche à conserver ses militants mobilisés, des militants qui voient bien combien on les a fourvoyés avec la CCAT, le 13 mai et les lendemains qui chantent. D’une certaine manière c’est pire encore maintenant avec « l’accord de gouvernance » qui, s’il tient, repousse l’UC-FLNKS dans l’opposition pour au moins cinq longues années. Il est sûr que, le jour où les dirigeants de l’Union calédonienne de l’époque ont eu la riche idée de créer la CCAT et de lui confier la mission de mener comme l’indique l’acronyme, « des actions de terrain », il eut mieux valu pour la revendication d’indépendance, qu’ils se fassent porter pâle !
* Locution latine signifiant « ainsi passe la gloire du monde »
Nicolas Vignoles



