Un dossier qui se solde par un fiasco judiciaire. Cinq ans après leur interpellation avec plus de deux kilos de cannabis destinés à la revente à Nouméa, trois prévenus ont été relaxés par le tribunal correctionnel. Face à une procédure marquée par de longues années d’attente, les avocats de la défense ont matraqué les faiblesses de l’enquête, jusqu’à pousser le parquet à reconnaître un dysfonctionnement de la chaîne judiciaire.
Une « lenteur anormale » de la justice, une enquête « ni faite ni à faire », et au bout du compte, un fiasco judiciaire dont le tribunal a tiré toutes les conclusions : la relaxe générale. Cinq ans de procédure, trois prévenus, plus de deux kilos de cannabis, des aveux, et une procédure finalement pulvérisée en quelques minutes.
Tout commence en septembre 2021, en pleine crise du Covid-19. Alors que le pays est sous couvre-feu et que les rues sont désertes, les policiers contrôlent un véhicule dans Nouméa. Papiers d’identité, attestation de déplacement dérogatoire. Mais ce qui chatouille immédiatement l’odorat des forces de l’ordre, c’est l’odeur de cannabis qui se dégage des fenêtres ouvertes. Le conducteur et ses deux amis, âgés d’une vingtaine d’années, sont invités à sortir du véhicule. À l’intérieur, les policiers retrouvent plus de deux kilos d’herbe qu’ils auraient achetés, quelques heures plus tôt, auprès de cannabiculteurs de Canala et de Houaïlou pour une somme de 400 000 francs. « C’était la première fois qu’on faisait ce trajet. On ne pensait pas qu’on allait se faire attraper. On était jeunes, on était dans la débrouille. On avait envie de s’en sortir », se souvient l’un d’eux.
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Légende : Les avocats Me Brunard et Me Bonomo ont dénoncé la lenteur d’une justice qui doit être rendue dans un « délai raisonnable ». ©Pexels
Jean-Alexis Gallien-Lamarche



