Onze personnes, dont plusieurs habitants et pêcheurs de l’île des Pins, ont comparu mardi devant le tribunal correctionnel de Nouméa pour répondre de trafic de cocaïne entre l’île et la Grande-Terre. Tout est parti de ballots échoués en mer, repêchés par hasard. Le procès a révélé un circuit artisanal et désorganisé, mêlant mules et vendeurs novices, aux profils atypiques, loin des codes du crime organisé.
Le constat est saisissant : d’aucuns auraient pu croire à un scénario hollywoodien où un réseau structuré et pyramidal a engrangé des profits faramineux en distribuant de la cocaïne par dizaines de kilos à Nouméa. C’est une tout autre histoire qui est apparue clairement aux yeux du tribunal correctionnel de Nouméa, qui a jugé, mardi, onze personnes suspectées d’être impliquées dans un trafic entre l’île des Pins et la Grande Terre. Une affaire rocambolesque mêlant des pêcheurs de l’île des Pins, un restaurateur vietnamien accro au poker, un commerçant fortuné, un vendeur de langoustes un peu filou, et des gens sans histoire attirés par l’appât du gain.
Ce dossier n’a aucun précédent au pays : tout commence en juin 2024 lorsqu’un pêcheur découvre un flotteur dérivant au large de l’île des Pins. Accroché à cette bouée, un filet enferme un ballot contenant des dizaines de pains de cocaïne. Cet habitant, également fils du maire, rentre à la tribu, cache la marchandise dans une glacière qu’il enterre dans son champ. « Je ne savais pas quoi faire avec. Je n’y connais rien à ça. J’avais un peu peur, je voulais tout jeter à la mer ».
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Légende photo : Les avocats de la défense ont tenté de montrer que leurs clients n’étaient pas des trafiquants de cocaïne d’envergure. Me Anne Saudeau-Faivre (de dos), Me Barbara Brunard et Me Martin Calmet ont plaidé en début de soirée, mardi.
Jean-Alexis Gallien-Lamarche



